samedi 20 mars 2010
Le week-ent...
http://www.youtube.com/watch?v=O_oWYQD7HjE
http://www.dailymotion.com/video/xudm1_fraggle-rock-chanson-de-cantus_music
PS : Faut quand même que je précise que hier j'ai croisé Joey Starr, rue Daval. Il était rudement pressé.
PS 2 : Et aussi pour rassurer mes lecteurs fictifs : le Fion a effectué sa surprise à son amoureux SanKuKai, de façon pas trop bizarre. Je suis sacrément soulagée. SanKuKai, je le précise, est un être humain de sexe masculin plutôt normal, pas un robot japonais en carton pâte.
vendredi 19 mars 2010
J'aurai voulu écrire un blog cool
Ce midi, j'étais un peu déprimée (rien de grave : je suis toujours un peu déprimée quand j'ai la gueule de bois au travail), du coup, j'ai acheté Voici et le hors série littéraire des Inrockuptibles que j'ai lus (enfin, surtout Voici, le hors série littéraire, je me suis contentée de regarder les images en espérant trouver une photo d'un écrivain trop beau, trop cool et prêt à se marier avec moi. Malheureusement les écrivains sont moches. Et ils ont beau être écrivain, on n'a quand même pas envie de coucher avec eux. Alors qu'avec les rock star, c'est différent.) en mangeant une salade aux écrevisses. Ensuite, je suis retournée au bureau à pieds et en passant devant la médiathèque d'Here-The-Pussies (c'est l'endroit où je travaille), il y avait une fille avec plein plein plein, mais vraiment plein de cheveux blonds, et des santiags rouges et vertes. Elle devait sûrement faire des trucs cools dans la vie. Comme jouer au piano. Et tout le temps faire des bonnes blagues charmantes et pas vulgaires. Elle est certainement amoureuse d'un type trop cool qui lui envoie des textos tout le temps. Elle n'a certainement jamais mis les pieds dans un bureau à Here-The-Pussies. D'ailleurs si elle est à Here-The-Pussies, c'est juste suite à un pari stupide, drôle, charmant et pas vulgaire, qu'elle a fait avec son amoureux. D'ailleurs, ils ne font que rire et s'embrasser toute la journée. En s'envoyant des textos. Et elle a plein d'amis, et une famille aussi. Tous trop cools. Bref, je vais probablement m'acheter des santiags rouges et vertes.
Voilà. C'était un exemple. On se rend tout de suite compte que c'est plus intéressant qu'une prose poético-dépressive telle que celle qui pullule dans ce blog (sans parler des vidéos de sac plastique...). Evidemment, ça fait moins artiste intellectuel allemand qui réfléchit à l'avenir de la poésie et au sens de la vie (et de la mort surtout). Mais bon, c'est comme quand on a le choix entre l'intégrale de Haneke et la saison 5 de Dr House.
(je suis parfois obligée de m'interrompre quand des gens passent près de mon ordinateur. Dans ces cas là, je fais des copier-coller sur des documents importants. Mais du coup je perds le fil de ce que j'étais en train de raconter. C'est dommage car j'ai plein d'idées trop cools aujourd'hui.)
Ce texte peut potentiellement être le plus long jamais publié sur un blog car je ne pense pas que j'aurai envie de travailler aujourd'hui, or je ne peux pas partir avant 17h, il est 14h22, et je me dois d'utiliser le clavier qu'on a mis sur le bureau que j'occupe (parce que 2.5 jours à lire des blogs, ça finit par se voir qu'on fait rien, donc à un moment, il faut montrer qu'on "produit". ça signifie écrire avec un clavier et faire des copier-coller). Bref, l'idée d'écrire dans mon blog pendant les heures de travail m'est apparue aujourd'hui telle une vierge fluorescente à une bergère tuberculeuse. La solution. Et en fait, c'est trop cool. Je crois que je vais passer mes journées de bureau à écrire les plus longs post du monde. J'aurai le prix Nobel du plus long post et aussi celui du blog le plus cool. Et j'aurai plein plein de cheveux blonds (en réalité, j'ai déjà plein plein de cheveux mais pas blonds).
Le blog c'est intéressant aussi parce qu'en plus de raconter sa vie, on raconte aussi celle de ses proches (à qui on ne demande même pas l'autorisation. On peut même raconter des trucs complètement faux à leur sujet, mais dans ces cas là, c'est mieux de raconter des trucs faux mais cools, sinon ils font des procès. Enfin, s'ils lisaient le blog, ils feraient des procès. Le mieux par conséquent, c'est de raconter des trucs cools et faux sur ses proches, sans jamais leur dire qu'on parle d'eux dans un blog) (et aussi en leur donnant des faux noms). Par exemple :
Hier on a enregistré des nouveaux morceaux avec Le Compositeur. C'était cool. J'ai notamment fait une chanson trop cool au sujet d'un Maréchal. J'ai aussi fumé des clopes à l'aide d'un briquet de Godzilla que j'ai piqué au Fion. Je ne pense pas que je vais arrêter de fumer car mon briquet est vraiment trop cool. Et vraiment trop grand.
Je constate en me relisant que c'est tout de suite moins intéressant quand je parle de mes proches. Dommage. J'aurai bien aimé raconté des tas de trucs faux et cools sur eux. Mais malheureusement c'est impossible.
Je constate que c'est vraiment cool de raconter sa vie dans un blog, parce qu'on s'imagine des tas et des tas de gens en train de lire et de trouver ça trop cool. On se l'imagine tellement fort qu'on finit par penser qu'ils existent vraiment, on se met même à leur parler (j'essaye de me retenir de vous parler mais c'est pas évident, c'est pourtant important pour ma santé mentale de ne pas parler à des gens qui n'existent pas, ne le prenez pas mal).
Dans les blogs aussi, il faut donner envie aux gens qui n'existent pas de revenir vous lire. Il faut développer des techniques d'audimat comme celles pratiquées dans la tour qui fait face à mon bureau. Sauf que moi, je ne gagne pas d'argent sur le dos des cerveaux disponibles fictifs qui lisent ce blog. Donc une technique pour faire (re)venir les gens, c'est de faire des promesses (mais il faut les tenir sinon c'est mal et après on va en enfer. Je ne m'étendrai pas sur ce sujet car il vaut mieux éviter de parler de la mort dans les blogs cools). Je vais donc faire une promesse :
Je vais publier sur ce blog un reportage sur les friteries belges.
Je pense que cette annonce va générer un flux impressionant de lecteurs fictifs dans les jours à venir. Alors pour les plus impatients d'entre eux, je tiens à rappeler que nous sommes bientôt en week-ent et que j'ai mieux à faire de mon temps libre que de raconter ma vie dans un blog. Si je le fais, c'est uniquement pendant le temps de travail et essentiellement parce que je n'ai pas le choix. Par conséquent le reportage sur les friteries, ça n'est pas pour tout de suite, tout de suite... Je sais qu'il est de bon ton de publier un petit mot tous les jours dans les blogs cools, ça fidélise les gens fictifs. Mais, je suis plutôt contre cette pratique. Il suffit qu'un jour pour une raison ou une autre je ne puisse pas publier mon message quotidien et alors, tous mes lecteurs fictifs se feraient beaucoup de souci pour moi, penseraient qu'il m'est arrivé un truc grave, que je suis morte par exemple, or je rappelle qu'un blog cool, c'est pas fait pour penser à la mort. Par conséquent, j'aime mieux pas écrire tous les jours.
Il est 15h44. Je pense que vais partir à 16h13 finalement. Car je n'ai plus grand chose à raconter (d'intéressant en tout cas) et que j'ai rendez-vous avec le Fion. Le Fion est une fille. Je le précise car c'est pas forcément évident de s'en rendre compte du premier coup. Elle est marrante. Par exemple, elle apprend à lire à des gosses qui ne savent même pas se moucher. Ce soir, elle fait une surprise à son amoureux qui ne sait pas qu'elle vient le voir. J'espère que cette histoire ne finira pas mal. Qu'elle le trouvera seul chez lui. Et qu'il ne sera pas en train de lire ce blog. J'aimerai que mes proches ne se fassent pas trop de surprises entre eux car je pense que je ne pourrai pas m'empêcher d'en parler dans ce blog. Ils feraient donc mieux de me faire des surprises à moi. C'est le seul moyen pour que je n'en parle pas dans ce blog. Enfin, j'en parlerai probablement après coup, car j'adore les surprises. Du coup, je passerai mon temps à écrire que mes proches sont trop cools. Du coup, ça m'éviterait d'acheter des santiags rouges et vertes.
Je fais des économies en ce moment, car je rêve de me faire licencier. Je ne sais pas si les employeurs et les banquiers lisent les blogs cools. C'est un test. Si, à la fin de l'année, je suis au chômage mais pas interdit bancaire, je pourrai en conclure que les employeurs et les banquiers lisent les blogs cools. Au départ, je voulais faire ça pour devenir écrivain. Mais je ne suis plus très sûre. J'aimerai mieux qu'on ait envie de coucher avec moi quand je serai célèbre. Etre célèbre comme Garcimore (je cherchais quelqu'un de célèbre avec qui personne n'a envie de coucher mais qui ne soit pas Hitler. J'ai pensé à George Frêche aussi, mais il ne faut pas parler de politique dans les blogs cools), c'est pas très intéressant.
Cool.
Il est 16 heures.
Je viens de faire un bonne blague à mes collègues de bureau. Ils n'ont rien répondu. C'était pourtant une bonne blague, charmante et pas vulgaire. Je ne peux pas la raconter dans mon blog car c'est du comique de situation : ça ne rendrait rien.
Je viens de relire à nouveau ce que je viens d'écrire et je pense que je vais arrêter là...
samedi 27 février 2010
Catch Party (Storyline)
Dans leur cage en verre qui surplombe le stade, Sam et Jim, connectés aux médias universels :
Jim
Elles arrivent une à une : les terribles, les envoûtantes, les catcheuses les plus sexy du monde vont enflammer le stade ce soir !
Sam
Comme à son habitude, première sur le Ring, Black Lolita. Tout droit sortie de sa jungle, elle sent encore la sueur d’éléphant, sa célèbre bouche hypnotique s’agite vers la foule, son regard papillonne sous son filet de chasse, pour elle, le Ring n’est qu’un enchevêtrement de lianes dans lequel elle piège ses adversaires ! Il m’est avis, Jim, que notre adorable Black Lolita nous réserve encore d’exotiques surprises ce soir…
Jim
Espérons-le Sam, car regarde qui voilà ! Sadie Mistress fait son entrée. Elle est méchante. Si méchante, My God ! Rien ne la gêne. Elle a le poignet faucheur d’obstacles. Elle évolue sur des plaines arides.Quelque soit le relief, rien ne l’empêche. Le Ring est un hommage à sa solitude. Au fond, Sam, on peut même dire qu’elle n’a pas d’adversaire car elle est bien trop méchante pour ça !
Sam
Ladies and Gentlemen, Amis Spectateurs, bienvenus! Welcome to the Super Mega Catch Contest Party Tiiiiiime!!!
Jim
Le public ne cesse d’affluer ! Welcome ! Les artistes continuent leur entrée !
Sam
Ha ! Youpi Disco Fever vient de bondir sur le Ring, la chevelure enflammée, les joues scintillantes, le rire rythmé, elle ondule sa combinaison d’artifices. Elle enchante ses adversaires comme le public, nul ne lui résiste, elle a la joie inébranlable, c’est indiscutable. Eblouissante Youpi ! Son seul charme suffit à la catapulter en haut des podiums, ce qui explique cette carrière : la plus ascensionnelle de l’histoire du catch !
Jim
Et enfin ! Du Grand Nord, nous arrive, pour la première fois au Big World Famous Sexiest Catch Party Entertainment : Spino Kantie ! L’adresse et la retenue de son style de combat sont époustouflantes, ses prises tombent juste, ses adversaires sont mis KO proprement, dans les règles, sans aucune bavure, elle fait du catch une véritable œuvre d’art, un délice pour les yeux et l’esprit. Spino Kantie : l’aboutissement d’un catch juste et intelligent !
Sam
Ça y est le combat commence ! Nos déesses s’échauffent, étalent leurs prouesses, valsent sur le Ring, attisent le public, mais rien n’est encore commencé, ce ne sont que des préliminaires saphiques avant … Avant quoi, messieurs dames ???? Pourquoi ne s’affrontent-elles pas ? Qu’attendent-elles ? Que savent-elles que nous ne sachons pas ? Pour qui ou pour quoi préservent-elles leurs prises les plus spectaculaires et pour certaines, les plus mortelles ????
Jim
Mon Dieu ! Mais que vois-je ? Qui vient de faire son entrée dans le stade ? Sam ! Ai-je la berlue ou est-ce bien un Tank qui s’avance dans le public pour se frayer un chemin jusqu’au Ring ???
Sam
Non Jim, tu n’as pas la berlue ! Il s’agit bien d’un Tank qui se dirige tout droit vers l’autel de nos vestales musclées !
Jim
Qui donc a bien pu décider de s’interposer entre les quatres championnes les plus redoutables du monde du catch ?
Sam
Et bien Jim, tu ne vas pas tarder à le savoir, car le Tank est sur le point d’accoster au Ring, l’abordage va nous dévoiler l’identité de ce mystérieux assaut…
Jim
God Damned! Sam! I can’t believe mes yeux!!!!
Sam
JOE LE TANK!!!!!!!
Jim
Oh my… ACCOMPAGNEE DE MEXI-SISSI !!! La Princesse Mexicaine disparue des Rings depuis des années !
Sam
Ils sont ensembles : c’est incroyable !
Jim
On dit que depuis 3 ans, elle suivait un entraînement intensif de butō dans une île japonaise,
Sam
On dit aussi qu’elle avait renoncé au catch et aux gloires pour se consacrer entièrement aux orphelins africains,
Jim
On a même dit qu’elle s’était mariée et qu’elle avait eut des enfants, et qu’elle vivait maintenant une vie de civile sans histoire !
Sam
Et oui, Jim, tout a été dit sur Mexi-Sissi, mais la vérité est qu’on n’a jamais rien su d’elle, c’est sans aucun doute la plus mystérieuse des catcheuses…
Jim
Et la plus surprenante, Sam ! Car aujourd’hui elle réapparaît sur scène accompagnée de Joe Le Tank !
Sam
Dans un Tank !
Jim
Pour nos amis spectateurs qui viendraient d’une autre planète et qui ne connaîtraient pas Joe Le Tank, je rappelle que cet algérien albinos est le plus grand catcheur du monde et de l’histoire : 25 fois champions de la Super Ligue, 17 fois de la Maxi Ligue et, le plus incroyable de tout, il a remporté 7 années de suite le grand Chlem !
Sam
Absolument, Jim, Joe Le Tank est La référence de tous les fans de catch, c’est lui qui a donné ses lettres de noblesse à ce sport et qui en a fait ce qu’il est aujourd’hui : The Biggest World Famous Party !!!!!
Jim
Mais revenons sur le Ring ! Comment vont réagir nos tigresses ? Vont-elles faire front contre l’alliance de la crème du catch qui n’a certainement pas pu venir avec des intentions pacifiques ?
Ça serait une première ! Une alliance entre les 4 plus grandes rivales que le Ring n’ait jamais portées !
Sam
Mais… Que se passe-t-il, Jim ? Ils semblent s’entendre, ils échangent quelques mots, on ne les comprend pas mais ce n’est visiblement pas un flot d’injures… Mais que nous réserve ce match, Jim ?... »
Joe Le Tank s’empare du micro.
Impossible à présent d’entendre Sam et Jim.
Ils ne pourront qu’assister, impuissants, à la suite des évènements, jusqu’à ce que leur cage de verre se soit complètement recouverte de buée.
Joe s’adresse au public :
Joe Le Tank (d’une voix caverneuse et tonitruante)
Ladies and Gentlemen, this is IT! Tiiiiiiiiiiiiiime has come. Let me introduce you the world’s most famous entertainment: theeeeeeeeeeeeeeee Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig Caaaaaaaaaaatch Paaaaaaaaaaaaaaaarty ! Ladies and Gentlemen, be ready!
This is not a show!
This is not a game!
This is not a gift!
This is The Party… And you are part of IT!
Tout d’abord : ovation aux déesses, maîtresses des dieux,
Ah ! Les furieuses traîtresses qui ravivent le feu !
Pygmalionnes qui rugissent et qui en ont de bonnes.
Ladies and Gentlemen, entrez, revêtez, vous aussi, vos parures de dieux et déesses, empoignez votre calice, hurlez votre puissance, vautrez vous, asservissez vous, soyez sans dignité comme seuls les dieux peuvent l’être, soyez affreux sales et méchants comme seuls les dieux peuvent l’être, donnez vous en pâture, laissez vous dévorer, riez comme vous vomissez, pas de ce petit toussotement qui fait office de rire chez les vieux hamsters en monocle qui n’ont de la puissance que l’illusion, NON ! Barrissez !
Mes amis, venez. Servez vous. Prenez ce qui vous appartient. Ne demandez plus la permission. Vous trouverez de tout dans mon Tank :
Des velours rouges, des rôtis saignants, des gueules flamboyantes, des langues tentaculaires, des jupons qui s’envolent, des seins qui explosent, des orifices qui s’exposent, et soudain…
Le souffle brûlant d’un rot divin…
Mexi-Sissi (avec un fort accent latino-américain)
Montez sur le Ring ! Les combats sont mixtes. Les règles sont simples. Pas de pitié, pas de violence, mais de la cruauté, et sa propre souffrance en récompense. La peur de faire souffrir vous fera dégringoler au rang de l’humanité.
Laissez donc tout tomber ! Laissez vous avilir, n’ayez pas d’envies, c’est trop petit. Pas de plaisir. Pas de dégoût. Rien. Des chocs, des coups, du touché, du sens et rien que du sens. Jusqu’au bout, sans endurance, laissez-vous partir. Il n’y a pas à oser. Oubliez !
Abandonnez donc cette peur suante et perfide, celle qu’on ravale dans des sourires en plastique… Votre meilleure amie : la Terreur qu’on hurle… Ne plus jamais rien ravaler ! »
Pendant que Mexi-Sissi haranguait la foule, Joe Le Tank, Black Lolita et Sadie Mistress commençaient à s’empoigner avec violence et agilité. Youpi Disco Fever et Spino Kantie s’étalaient dans les gradins, défiaient les spectateurs un par un, agrippaient leur regard et leur cœur. Elles voltigeaient d’un bout à l’autre des rangées. Je pouvais voir de si près l’éclat de leur souplesse, leur corps qui leur répondait au doigt et à l’œil, les muscles vifs libres de courir à leur aise sous leur peau brillante de sueur.
Leurs bras leurs jambes leur torse leur tête tourbillonnaient, le ciel leur appartenait, sur le Ring comme dans tout le stade, tout n’était que corps, coups et chocs. Mon cœur battait à tout rompre. Je n’étais pas la seule. Je n’étais pas le seul corps malade d’être assis. Il n’y avait plus à réfléchir. L’invitation était claire. Après tout, j’étais venue pour m’amuser et passer un bon moment. Je me levais. Je n’étais pas la seule. Je me déshabillais. Je ne gardais que ma culotte. Je voulais être un gladiateur. Je n’étais pas la seule. Moi aussi, je voulais voir mes membres s’envoler. Moi aussi je voulais me cogner sur le crâne de mon voisin pour ne plus me contenter de son seau à pop corn. Nous étions tous des catcheurs. J’ai même réussi à m’agripper à la poitrine de Black Lolita, mais je n’ai pas tenu très longtemps.
Je laissais mon corps aller s’éclater contre les os des autres spectateurs. Des mains m’empoignèrent. Je volais. J’entendis mon dos claquer sur le sol en béton. Les hurlements de la foule explosaient sous la paroi de mon crâne sonné. Je fonçais tête baissée sur un ventre. On dévala les escaliers sans plus trop savoir à qui étaient tous ces membres.
Ce match était décidément excellent. Je passais une soirée inoubliable et je ne regrettais même plus que Carl et Isa m’aient plantée en dernière minute.
Mexi-Sissi (en transe, psalmodiant)
Sentir jusqu’à ne plus rien sentir.
Souffrir jusqu’à ne plus rien souffrir.
S’en foutre plein. S’en foutre, foutre !
Je ne me fis pas priée. J’ai profité tout ce que j’ai pu de cette soirée. Il faut dire qu’au prix du billet, on ne fait pas la fine bouche pour se resservir. Un peu avant le gong final, alors que je tâtonnais autour de mon siège pour retrouver mes fringues car je ne voulais pas rater le dernier bus, on s’accorda avec mon voisin qui reprenait son souffle sur ce point : que le catch sans arbitre amenait une nouvelle dimension au spectacle vivant et qu’il était dorénavant évident que ce sport avait définitivement quelque chose en plus qu’on ne trouvait nulle part ailleurs.
Sam et Jim (essuient la buée de la vitre pour tenter de l’apercevoir, juste avant qu’elle ne disparaisse de la salle surchauffée).
dimanche 10 janvier 2010
Seafood Song
We met
And you said
That you have
Shrimp sperm
We met
And I said
That I have
Sea Urchin Ovary
Well fine
Seafood is good
Never heart people
Always in the wave
Never use sunny place
Always have the same face
Never make any noise
Always keep the secret
Never have any trouble
Always make funny bubbles
Some of them
Even gives pearls
They don’t care about the price
Some said
They have no feelings
That’s why we can eat all of them.
We met
And you said
That you have
Shrimp sperm
We met
And I said
That I have
Sea Urchin Ovary
Well fine
Seafood is good
Just the point is that
You have to kill them young
Cos’they can’t live too long
Because of the smell
If they grow too old
They would make people sick.
We met
And you said
That you have
Shrimp sperm
We met
And I said
That I have
Sea Urchin Ovary
mercredi 6 janvier 2010
waterbody
He brings my life back but
He’s here mon corps s’évapore
I feel sad empty sweet as a sea
With a crépuscule light on me
His lips on my heart
But no body for me
And Chopin in my eyes when his eyes on me
And his hands bossa nova my water body
So he brings my life back
Again on his man back
Par terre à genoux
My hands tendues jusqu’au bout
How such a storm could bring so much please
How the sea could be the same fury and peace
My sad empty sweet as a sea life without you or me
Just a kiss and shine at least
Ta main sur mon sein to light enfin
My hope and a smile sur his joue demain
Juste des pivoines dans mon jardin
And summer rain sur nos destins
My body dance to him no fight just beautiful light such a storm and how sweet is the sea and my tears how far are my fears and maybe tomorrow no bonheur no chagrin juste maybe tomorrow hope un pirate ou un marin une histoire sans fin se racontait tous les matins ou juste peut-être demain my waterbody qui flotte dans les hauteurs mon cœur s’écoule dans les profondeurs à l’heure des crépuscule qui éclosent tes douleurs in my body water qui vogue au pays des marins de demain et d’une histoire sans fin
Elle s’était perdue au pays échoué des pirates de demain
Parce qu’elle ne voulait plus tenir la main
Parce qu’elle a traversé sans regarder
Elle s’est envolée dans un ciel marin et elle ne voulait plus rentrer
Juste voguer dans le pays de demain celui des jours sans fin
Et s’étendre le long des nuits humides et blanches
Au royaume des tendres oublis aux odeurs d’infini
Le parfum d’une vie perdue dans les sous-sols d’une guerre dans un parking sous terre sous les fers des corps à travers les trous on voyait aussi de l’or qui s’en écoulait les jours d’été
Parfois une main jaillissait du fond de la terre et ravivait le souvenir des enfers la caresse des cutters quand aux travers des fers des corps le rubis s’écoulait une sève d’été
Au pays échoué des marins de demain on attend la marée qui va qui vient c’est une histoire sans fin l’ennui des nuits sans couleur des lumières sans chaleur il lui fallait à nouveau s’évader
La voilà revenue dans les contrées menaçantes, les jungles luxuriantes, les foules dansantes, où l’or et le rubis la transpercent où la mort vous berce où la vie se commerce
Et quand elle croise un marin qui revient de loin ils se racontent la mer et les bateaux qui attendent la marée pour partir demain vers le pays des histoires sans finlundi 4 janvier 2010
La Bellezza e la Richezza - PP Pasolini (tiré du film 'La Rabbia')
Du monde antique et du monde futur, il ne restait que la beauté.
Et toi, pauvre petite sœur cadette
Celle qui court derrière les plus grands frères
Qui rit et pleure avec eux,
Pour les imiter, toi, la plus jeune des petites sœurs,
Tu portais ta beauté avec humilité
Et ton âme de fille de gens modestes
N’a jamais su qu’elle l’avait,
Sinon, cette beauté n’aurait pas existé.
Le monde te l’a enseigné.
Ainsi ta beauté devient la sienne.
Du monde antique effrayant et du monde futur effrayant
Il ne restait que la beauté.
Et toi, tu l’as portée comme un sourire obéissant.
L’obéissance exige trop de larmes ravalées, la générosité envers les autres, trop de regards joyeux qui demandent leur pitié !
Ainsi, tu as emporté ta beauté. Tu disparais comme une poussière d’or.
Du monde antique stupide et du monde futur féroce, il restait une beauté qui n’avait pas honte d’évoquer ses petits seins de petite sœur, un petit ventre si facilement dénudé.
C’est pourquoi la beauté était là, la même beauté qu’ont les douces jeunes filles de ton monde, les filles de commerçants, lauréates des concours de Miami ou de Londres.
Tu disparais comme une colombe d’or.
Le monde te l’a enseignée, et ainsi, ta beauté ne fut plus beauté. Mais tu continuais à être une enfant, sotte comme l’Antiquité, cruelle comme le futur, et entre toi et ta beauté possédée par le pouvoir s’infiltra toute la stupidité et la cruauté du présent.
Tu la portais toujours comme un sourire entre les larmes, impudique par passivité, indécente par obéissance.
Tu disparais comme une blanche colombe d’or.
Ta beauté survivante du monde antique, réclamée par le monde futur, possédée par le monde présent, devient un mal mortel.
A présent, les frères aînés, enfin, se retournent. Ils arrêtent un moment leurs jeux maudits, sortent de leur inexorable distraction et se demandent : « Est-il possible que Marylin, la petite Marylin, nous ait indiqué le chemin ? »
A présent, tu ne comptes plus, pauvre petite. Avec ton sourire, tu es la première à avoir traversé les portes du monde abandonné à son destin de mort.
La classe possédante de la beauté. Renforcée par l’usage de la beauté, elle atteint les confins extrêmes de la beauté, là où la beauté est seulement beauté.
La classe possédante de la richesse. Elle mêle une telle assurance à la richesse, que pour elle, nature et richesse se confondent. Elle est si perdue dans le monde de la richesse, que pour elle, histoire et richesse se confondent. Elle est si adoucie par la richesse, qu’elle attribue à Dieu l’idée de la richesse.
La classe de la beauté et de la richesse, un monde qui vous laisse dehors.
C’est la classe des châles noirs de laine, des tabliers noirs bon marché, des fichus qui enveloppent les visages blancs des sœurs, de l’attente chrétienne, des silences fraternels dans la boue et des sombres jours de pleurs.
La classe qui donne la plus haute valeur à ses pauvres mille lires, là-dessus fonde une vie à peine capable d’illuminer la fatalité de la mort.
Rêves de mort.
…
Lentes fatalités qui s’accomplissent loin du monde.
Nous n’avons jamais existé.
La réalité est cette forme aux sommets des cieux
…