mercredi 16 mai 2012

Corned beef ! Musica ! Hollywood ! Birkenstock !

Ce matin, en lisant "L'île aux esclaves" de Marivaux (ce week-end, j'ai lu Voici)(et Closer)(et j'ai acheté du vernis à ongle vert pomme), je suis tombée sur Arlequin qui est vraiment très cool, quand je serai grande, je serai Arlequin. Ce personnage m'émerveille et à l'instar de Cicéron, je m'écrie « Quid enim potest esse tam ridiculum quam sannio est? Sed ore, vultu, [imitandis moribus,] voce, denique corpore ridetur ipso » (ce qui peut se traduire sommairement par "t'as vu ou quoi ? il va niquer Djamel").



Arlequin, voilà un peu comment Wikipedia les (y'en a eu des tas) décrit : "goinfres, poltrons, fanfarons, paresseux, lascifs..." puis (y'en plus qu'un) "bête, famélique [à l'époque, c'était naze d'être famélique, donc transposé à aujourd'hui, ça devient grassouillet], crédule et paresseux. Il est toujours en quête de nourriture et pour en trouver, il est capable d'inventer toutes sortes de stratagèmes, pirouettes ou acrobaties, mais le reste du temps, il cherche avant tout à dormir et éviter le moindre effort. Il était souvent représenté une bouteille à la main, ce qui signifiait que le spectateur ne devait pas tenir compte de ses paroles". Dans la préface de mon bouquin, ils disent qu'il a "le goût des lazzi, l'amour de la bouteille, l'emploi voulu ou non de naïvetés langagières, une insouciance affichée et une joie de vivre malgré tout" (les lazzi, c'est des blagounettes). Bon, y'a un côté où je (Arlequin, c'est moi) m'en tire moins bien, mais il n'empêche que la ressemblance est frappante à tous les niveaux, si vous ajoutez à cela qu'il se fringue n'importe comment, je crois qu'on a là mon profil Mektoube.



Bref, tout ça pour vous citez ceci, une petite chansonnette qu'Arlie entonne pendant la pièce (l'est comme ça) :
"L'embarquement est divin
Quand on vogue, vogue, vogue
L'embarquement est divin
Quand on vogue avec Catin"
Et ceci pour vous citez cela (la note de bas de page qui se rapporte à Catin)(tout ça pour ça) : "Catin : Diminutif de Catherine, comme Catho".


lundi 14 mai 2012

mercredi 9 mai 2012

Smalltown Boy

Ca y est. Je crois que j'ai trouvé mon style d'enseignement : celui de Debbie dans Queer as Folk (version US, ils n'ont que celle-là à la médiathèque de là où vous savez que je vis n'en parlons plus) :


Pas méchante, au contraire, mais lourde, lourde... comme une Vierge des Pyrénées (ce que je vous disais).

Tiens, sinon, onk vient de me faire écouter ça :


ça ne vous évoque rien ? Non ?

Les Confessions d'un Enfant du Siècle de Musset ? Les Souffrances du Jeune Werther de Goethe ? Face à ce siècle, que je ne comprends pas, et qui ne me comprend pas, je souffre tant ? Moi, le juste, l'incompris, le poète pur si éloigné de mes contemporains parce que trop proche de Dieu/la Vérité/etc... ?

Ouiiiiiii ! Orelsan est un romantique ! Le rap et le hip hop, c'est un vaste retour du lyrisme et des coeurs incompris et déchirés des poètes dans un monde cupide et barbare ! Simplement au lieu de faire résonner leurs états d'âme avec la nature, ils le font avec le décor de la banlieue (ces grandes tours grises et vides qui s'ennuient en fixant un ciel sans avenir, non ?). C'est total lyrique et drama queen !
Ce qui m'amène à penser que les punks sont probablement aussi d'incurables romantiques...

Attention. Etre romantique n'empêche pas de se bidonner, au dépend de René (Chateaubriand) par exemple :
"Le spectacle de la nature me plongeait dans un état presque indescriptible : je rougissais subitement, parfois je poussais des petits cris..."

Prochain cours : les règles de la tragédie classique dans la mise en scène des Restos du Coeur.

Bien à vous.

vendredi 27 avril 2012

Et aussi, la concordance des temps dans le discours indirect

ça y est, j'ai reçu la feuille des voeux d'affectation de l'Education Nationale. Ils ne proposent pas la Nouvelle Orléans. Je sais plus qu'est ce qui faut faire.
En attendant, je note pour pas oublier les trucs qu'il dit Tristan Garcia, un nounours qu'on a envie de se rouler dedans pendant qu'il s'interroge sur le rapport entre les objets (oui, j'ai la philosophie tactile, j'en peux rien)

"Et puis il m'a semblé que le moderne était celui qui se forçait à la tristesse et le contemporain celui qui se forçait à la joie"

"Et je sens bien que je travaille dans mes romans à saper les fondements de ce que j'essaie de penser en philosophie. (...). Je me suis aperçu que mes deux premiers romans étaient, malgré moi, consacrés à l'effacement des genres (l'homosexualité, le queer) et à l'effacement des espèces (un singe qui parle)."

"En littérature, je suis attiré par des personnages mauvais, faux, fous, irrationnels, par des corps qui parlent sans souci de la vérité (...)"

"Avec la théorie et la littérature, j'ai ce genre de croyance et de superstition : si je parvenais à théoriser, à conceptualiser ce que j'essaie de raconter, je n'arriverais plus à écrire un seul mot. Et pour que ça marche, je préfère ignorer comment ça marche."

Y'm'détend du stylo, le père Garcia, fô bien l'dire.

Et je trouve aussi ça très réjouissant (sisi) de comment qu'il parle de la mort (rappport au fait que celui qui y pense ou celui qui y pense pas, c'est kif kif bourricot, alors que tous les classiques, ils se la pètent que comme ils pensent, ils écrivent des livres et tout et tout, ils transcendent leur mort. Même pô vrai. Et toc.)

"Ainsi, la mort est l'exposition d'une égalité : il est égal que je pense à la mort ou que je n'y pense pas, il est égal que je croie à l'immortalité ou que je n'y croie pas."

"[La pensée] ne nous rend pas immortel -contrairement à presque ce que toute la tradition philosophique a voulu proclamer. Et accéder à cette platitude, penser sans croire à la puissance salvatrice de la pensée, c'est comprendre le monde - le lieu où rien n'est plus qu'autre chose. Ce n'est, je crois, que sur le fond de ce monde indifférent et plat qu'on peut vivre, c'est à dire retrouver du plus et du moins, des valeurs morales et politiques, des intensités, de l'amour pour ce qui importe, de la haine, de la joie, des affects; la platitude, c'est l'enfer que la pensée doit traverser, comme on traverse une dépression, pour retrouver le sens d'une vie."

mercredi 25 avril 2012

Du bruit, de la fureur et des chaussettes

Je suis dépucelée de l'isoloir depuis dimanche. Bon, au début, j'étais contente : je ne vais plus me faire engueuler, maintenant, on ne me dira plus, si LePen il passe, c'est de ta faute, on ne me dira plus, t'as pas honte, après tous les gens qui sont morts pour que tu puisses avoir le droit de vote, enfin, bref, voter, ça faisait vachement de charges en moins dans mon dossier, je n'étais plus Hitler, j'étais Superman, y'avait de quoi être contente. J'allais ensuite regarder 'La vie de Brian' chez le Zappatiste en bouffant des saucisses, rassurée quant au sort du monde.


Surtout, j'ai soudain réalisé que : "Comme ceux qui l'ont précédé, le nouveau Président ne pourra trancher dans le vif. Du haut de la pyramide de la V° république, il n'aura jamais accès au bouillonnement de la base mais devra en permanence composer entre des corps institués aux intérêts contradictoires, caciques influents et organismes jaloux de leur parcelle de pouvoir. Aussi moderne sera-t-il, a priori, c'est bien sa fonction qui fera de lui un vieil épouvantail bleu blanc rouge." (Ariel Kyrou dans le dernier Chronicart sur l'Intercannette, que je vous recommande chaudement, ça donne des idées, de l'envie et de l'espoir, tous ces trucs cools qui existent partout sauf à la télé et en politique).

J'ai soudain réalisé que c'était idiot de reprocher aux politiques de ne pas être capable de changer nos vies : je suis bien contente que ma vie soit mon problème et ma responsabilité, plus que la leur (c'est pas ça, au fait, la démocratie?).
J'ai réalisé aussi que cet été, j'avais écrit ça (oué, je m'auto-cite maintenant. ranafoute) :
 
"Les forts ont toujours tort, ils sont d’une platitude navrante : des gros blancs autour d’une table en train de signer des traités, leur rapport avec le reste du monde c’est de leur demander du fric, de les faire bosser, de les éduquer, et de les envoyer à la guerre, y’a pas d’histoire en politique, tout se répète tout le temps mais ils continuent à nous faire croire qu’ils font l’histoire, c’est sans doute une de leur plus grande supercherie. Ils n’ont jamais rien changé au monde, ils se sont toujours contentés de suivre les bonnes idées évidentes qui existaient déjà des années avant eux. Ils pensent qu’ils sont à l’origine des choses alors qu’ils n’en sont que le plus simple aboutissement : les politiques sont les exécuteurs de l’histoire, ce sont les exploités des illuminés et des fous, ce sont les prolétaires de la grande humanité, d’où leur régulière méchante aigreur qu’on parvient mieux à leur pardonner quand on sait tout ça. Des années de travail et de lutte pour obtenir le pouvoir et se rendre compte alors de l’insignifiant et délébile individu que l’on est, y’a de quoi vouloir mettre des gens en prison pour prouver qu’on existe, non ?"

Pour le dire autrement, c'est pas De Gaulle qui a fait la résistance, c'est la résistance qui a fait De Gaulle.

Bref, voter m'a soudain paru beaucoup moins dramatique qu'il n'y paraissait au départ, l'enjeu devenait pour moi de changer le bruit de fond, celui qu'on a depuis 5 ans me lasse profondément, faut bien le reconnaître.

Et oui, y'a des tas de gens qui meurent en Syrie ou ailleurs pour ... ? Pour avoir le droit de voter pour Cheminade ? Ou pour avoir le droit de se rencontrer, de réfléchir, de changer, de trouver le meilleur moyen de bouffer, d'aimer qui on veut, comme on veut, etc. ? On meurt pas pour pouvoir voter pour Hollande, Le Pen ou Eva Joly. On meurt pour avoir la possibilité de choisir sa vie, on meurt quand on a plus que le seul choix de ne pas vivre ou de mourir. La démocratie jusqu'à preuve du contraire est simplement l'endroit où c'est le plus possible. Quand je choisis de vivre une vie qui corresponde mieux à mes valeurs, de changer de travail, de prendre des risques, de ne pas me marier ou faire des enfants parce que c'est mon choix, de lire toujours plus et de changer d'avis toujours plus, je fais plus que mon devoir de citoyen, je fais l'être humain. C'est ce que je dois à la vie, à ma chance, à moi-même et aux autres (ne serait-ce que parce que, du coup, je les fais bien moins chier). Plus, bien plus encore, que de voter.

Bon. Et 20% au FN : "Horreur ! 20% de la France est raciste et xénophobe !" "Au secours !" "J'ai peur!" "Bandes d'incultes dégénérés ! " "Et dire que leurs enfants aussi !", etc... Remplacez "sales fachos" par "sales bougnoules", et au fond, la France n'est pas si divisée que ça.
20% de racistes ? Proportion de racisme dans l'humanité ?  Ton racisme à toi ? Un enfant blanc qui n'a jamais vu de noir, que fait-il (ou un jaune de blanc ou un schtroumpf de mariachi, etc...)? Il se fait caca dessus.

Donc ? En s'insultant mutuellement, on obtiendra un régime basé sur la haine de ce qui est différent de moi (le FN ou l'Arabe)(ou les financiers)(ou les gauchistes utopistes et profiteurs)(etc.) et on sera bien avancé, vu qu'on savait déjà ce dont on est capable de ce point de vue-là (oui, moi aussi, toi aussi, lui aussi). Or la démocratie, au delà du vote, c'est aussi choisir de vivre ensemble même si je ne peux pas piffrer mon voisin et que ça ne risque pas de changer.

Si on pouvait seulement parler d'autre chose que du connard d'à côté, ça nous changerait.

On pourrait, je sais pas moi, parler de maisons en paille, de lamas travestis, de valise-satellites, de vaudous, de sushis, de comédies musicales, de canaris albinos, des avatars de Justin Bieber, de craquettes à l'air, du hip-hop à Dunkerque, du goûts des chaussettes, des soirées 'Métastases et Sirtaki', des pingouins skaters, etc... (c'est pas comme si ça manquait, les occasions de se bidonner)(la vie est courte, même en démocratie).

vendredi 20 avril 2012

Corneille, qui revient de loin.

J'ai vu le Cid de Corneille, en DVD, et je me suis bien bidonnée.
C'était pas gagné. Pour ne rien vous cacher, les DVD, c'est quand même un bon moyen de me faire vite fait une culture de théâtre (un minimum pour, je vous le rappelle, une future prof de français)(pô évident). Je suis contente de m'être bien bidonnée parce que ça commence à sérieusement m'angoisser l'idée de devoir faire aimer des auteurs et des oeuvres qui m'emmerdent profondément (je sais, j'ai de la marge de manoeuvre, mais ça va être dur de faire l'impasse sur le roman du XIXe qui en ce moment m'emmerde)(et pareil pour pas mal d'autres trucs)(mais c'est sans doute lié au fait qu'en ce moment je ne m'intéresse qu'à la culture vaudou et au fantastique dans le réel et aux histoires qui ne tiennent pas debout)(mais allongée, ça passe). C'est juste que j'ai peur d'être complètement désarmée par ma franchise le jour de l'oral du concours. Bah. On verra d'ici là (step by step... Oh et pis, merde, je ne résiste plus :

aaaaaaaaaaaaaaah... ça fait du bien........... )
Donc toujours est-il que le Cid, il m'a fait bidonné dans la version que j'ai vue parce que :
- Don Gomès ressemblait à George Michael.
- Rodrigue à Lorenzo Lamas (oui, souvenez-vous, cette merveilleuse série : Le Rebelle :
- Et le roi, à Ozzy Osbourne qui jouerait dans la Cage aux Folles.
Pour l'histoire, ils jurent tous leurs grands dieux sur leur honneur, tout ça (sauf le roi mais on m'enlèvera pas de la tête que quand on s'est fait enculé au moins une fois dans sa vie, on est tout de suite beaucoup plus souple)(de là, à en déduire que le Cid est une histoire de puceau de l'anus, il n'y a qu'un pas, que je ne franchirai pas)(va, je ne te hais point). Bon, c'est une pièce qui fait réfléchir vu que je me suis demandé qui aujourd'hui était prêt (ou le prétendait) à tuer ou à mourir pour son honneur... C'est-y quoi donc que ce truc y serait de nos jours, je vous le demande... Je sais pas trop, ça sonne bien comme ça, mais ça rend plutôt con apparemment. Y'a qu'à voir :
Lorenzo Cid est un demeuré très costaud qui fait tout ce qu'on lui dit de faire (mais vraiment tout). Chimène est une garce capricieuse et bien chaude qui ment comme elle respire et qui allume tout le monde pour obtenir ce qu'elle veut et qui se roule par terre quand elle ne l'obtient pas. Bon, Don Gomès, j'aimais bien (George Mickael, ben ouais...) mais il dure pas longtemps, il se fait occire parce qu'il arrête pas de dire à tout le monde ce qu'il pense, il a l'insolence d'un free-fighter, moi, je trouve vraiment que c'est le seul qui tire son aiguille du jeu dans c't'histoire (mais il ne serait pas mort, vu qu'il dit les quatre vérités tout le temps, y'aurait pas eu d'histoire)(bon, le roi, il est con mais au moins, il fait bidonner). Et Don Diègue, je crois, le père de Lorenzo Cid, est une ordure qui veut tout le temps que son fils aille se faire tuer (je suis pour l'avortement mais pas post-naissance).
Voilà. Je sais vraiment pas si je vais le réussir cet oral...(et quand bien même, les inspections en cours après, ça va pas être évident, évident...)

mardi 10 avril 2012

Des frites dans le cornet.

Mes hommes de l'année du mois d'Avril sont :
Stokely Carmichael,


Le cerveau du Black Power (mais aussi parce qu'il est bôôôô).

Et Graham Chapman,


Des Monty Python (mais aussi parce qu'il est drôôôôôle).