mercredi 25 mai 2011

Je peux sentir la pluie quand il ne pleut pas et je peux aussi me donner un orgasme mentalement, dixit Lady Gaga

Je m'excuse mais privé de connection internet pendant une bonne heure, j'ai rédigé ce post sous word)(donc c'est très long et sans image) (mais c'est tellement bon que ça vaut le coup de s'accrocher, lecteurs fictifs, je voudrai enfin te voir suer sang et eau sur mon oeuvre naissante, merci)
Cette nuit, les animaux étaient de retour. Telle une Lady Gaga d’eau douce, je portais une robe en harengs saurs. J’en étais sûre. Je ne vois pas pourquoi j’aurai succombé avec autant de passion aux charmes de Pamela Anderson, Paris Hilton et Britney Spears (qui reste ma favorite) et pas à ceux de madame Gaga. Il n’y avait aucune raison de lui résister à part la suspicion, la défiance et l’érosion de l’enthousiasme qui caractérise tout être vieillissant. J’ai réalisé que le secret pour passer avec brio la ménopause consiste à vénérer Lady Gaga et toutes lesautres blondes vulgaires que la presse people voudra bien m’offrir en pâture. La blonde vulgaire aux gros seins est l’image la plus absolue du dieu moderne. Et j’ai toujours été un peu mystique.

Quitte à révolutionner l’analyse psychanalytique, je me propose aussi dans ce blog de réinventer la critique littéraire. Mes enfants (c’est un blog paternaliste cool), nous allons bien nous bidonner. On avait déjà un peu commencé, mais ce n’était qu’un échauffement.
Nous commencerons par décortiquer les « Maîtres Anciens » de Thomas Bernhard. Il faut toujours entamer ses travaux de recherche par des germaniques, ça donne une caution de crédibilité, surtout s'ils sont autrichiens (des sujets tels que le désespoir, l'ennui, la neige et l'inceste amènent toujours son lot de crédibilité).

En outre, j’ai décidé de me lancer dans la traduction des chansons de Bruce Sprinsteen. J’hésitais avec celles de Frank Zappa mais je sens que le désespoir, l'enbompoint et la bêtise de l’américain moyen de la campagne me touche plus. J’aime bien l’ennui glauque, ça me détend, Zappa m’a l’air trop gai. Mais on en reparlera plus tard.
Comme je vous le disais à l’instant, on va faire de la critique littéraire et on va donc bien se bidonner (critiquer = se foutre de la gueule du monde = drôle).

Thomas Bernhard, je voudrai passer une soirée avec lui à insulter tous les grands génies de ce monde en buvant du schnaps. Ou juste le retrouver tous les après-midi à l’Ambassador en sirotant ses invectives comme du thé Earl Grey de qualité. Si rien de tout cela n’est possible, je veux bien lire son livre en cornant toutes les pages où je me bidonne.

Alors, autant vous prévenir, il me plaît, on en déduira donc que c’est un râleur, un grognon, un bougon. Un excessif. Un énervant. Il faut bien aller trop loin pour savoir où exactement il aurait fallu s’arrêter. Les pas-contents sont les éclaireurs de la pensée. Sans compter que quand on gueule, on fulmine, on ne mesure plus rien, autant dire qu'on n'a matériellement pas le temps de se prendre au sérieux quand on décide de tout casser. Détrôner les rois, c’est quand même l’activité la plus ludique qui soit, c’est drôle, on ne sait pas trop à quoi ça sert, parce qu’il y aura toujours un cul pour se poser à nouveau sur le siège clignotant, mais au moins, pendant un temps, on a brisé la routine, on a imaginé autre chose, on a eu le sentiment que tout était possible, on s’est dit qu’on y serait pour quelque chose cette fois, c’est à cet instant uniquement qu’on a un peu de pouvoir. C’est pour ça que je vénère les râleurs, ils me font rire, ils me libèrent de tout et dans le cas de ce livre, par exemple, du poids du génie des autres, de l’admiration tétanisante, de l’obligation de vénérer. Je me fous pas mal de savoir s’il abuse en démontant Bach, Beethoven, Rembrandt, Heidegger, etc. comme il le fait, mais il le fait en me faisant rire et son acharnement à les démonter est drôlement libérateur.

Exercice : prenez un type, une nana, absolument reconnus et vénérés, même par vous, un grand génie, un sauveur de l’humanité et démontez-le sans scrupule. Vous pouvez acheter un pack de bières et travailler en groupe (ou exercice inverse : portez aux nues dans gens vulgaires, idiots et néfastes, des blondes vives comme des poupées gonflables par exemple…)
(Vous voyez bien que finalement, je m’y mets à préparer mon concours de prof de français)

Illustrations et conseils, from Tom Bébert et moi-même :

1- En parlant d’un compositeur : « Et en vérité, Bruckner, lui aussi, n’est que sentimental et kitsch, rien qu’un stupide, monumental bouchon de cérumen orchestral. » (inventez des insultes)
2- En parlant de Heidegger (un philosophe allemand qui a été accusé de nazisme et qui s’est tapé Hannah Arendt – à quand la presse people des intellectuels ?) : « Je le vois toujours assis sur le banc devant sa maison de la Forêt Noire, à côté de sa femme qui, dans son enthousiasme pervers pour le tricot, lui tricote sans arrêt des mi-bas d’hiver avec la laine, tondue par elle-même, de leurs propres moutons heideggeriens. » (imaginez des situations ridicules, n’hésitez pas à massacrer son entourage et sa vie personnelle)

3- Une tactique fourbe et efficace, en parlant de soi : »Il y a eu aussi parmi mes ancêtres, un archevêque et l’auteur d’un double meurtre. » […] « les gens déterrent leurs ancêtres et fouillent et fouillent dans leur tas d’ancêtres, jusqu’au moment où ils ont tout retourné et sont alors tout à fait mécontents et, par suite, doublement heurtés et désespérés. » (Donnez une image médiocre voire minable de vous-mêmes, plongez vous dans la populace, soyez les gens, n’ayez pas une haute image de vous-mêmes, soyez un peu désespérés, ça rendra votre entreprise de démolition beaucoup plus crédible, genre : je suis pas brillant, comme tout le monde, pauvre nature humaine, mais bon, ce type que vous trouvez tous si génial, n’est il pas aussi ridicule que nous autres, sans doute plus puisqu’il prétend néanmoins être génial, n’est ce pas grotesque ?)(Soyez grotesque)

4- J’aime bien ça aussi (parce que en plus de la haine, j’apprécie beaucoup le désespoir) : « Mais même cet homme malheureux peut être heureux, a-t-il dit, sans cesse à nouveau, au sens le plus vrai de ce terme et de cette notion, pour passer le temps. » (C’est pas merveilleux cette idée d’être heureux de temps en temps, pour passer le temps ? Franchement ? Il le met en italique en plus, vu que Tom, c’est aussi un frimeur, ça va avec tout le reste)(ce qu’il y a de cool avec les écrivains, c’est que tu peux adorer leur livre sans avoir à supporter leur caractère de merde au quotidien) (bien que soûls, ils doivent être bien drôles…) (pour Noël, je veux un écrivain aigri que je m’amuserais à faire picoler, pour passer le temps…).
Il continue ensuite comme ça : « L’enfance est le trou noir où on a été précipité par ses parents et d’où l’on doit sortir sans aucune aide. Mais la plupart des gens n’arrivent pas à sortir de ce trou qu’est l’enfance, toute leur vie ils sont dans ce trou et n’en sortent pas et sont amers. C’est pourquoi la plupart des gens sont amers, qui ne sortent pas du trou de leur enfance. C’est qu’il faut un effort surhumain pour sortir du trou de l’enfance. » (C’est cool aussi de broyer tout ce que les gens trouvent jolis en général : l’enfance, l’amour, l’amitié, la nature, la paix, la gentillesse, le bonheur, tout ça…) (en somme, ceci est un cours sur un livre de Tom Bébert ou comment tout saboter : Tom le terroriste littéraire autrichien, le Ben Laden de la bienséance, l’oncle trop soûl au mariage de la cousine Isabelle)

5- Reprenons : « Lisez Kant attentivement et de plus en plus attentivement et, tout à coup, vous aurez le fou rire, a-t-il dit. […] Naturellement, il y a des phénomènes dans le monde, dans la nature, que nous ne pouvons pas ridiculiser, mais en art, tout peut être ridiculisé, tout homme peut être ridiculisé et transformé en caricature, si nous le voulons, si nous en avons besoin, a-t-il dit. Une œuvre d’art, peu importe laquelle, peut être ridiculisée, a-t-il dit, elle se présente à vous dans sa grandeur, et d’un moment à l’autre, vous la sentez ridicule, tout comme un être humain, qu’il vous faut rendre ridicule parce que vous ne pouvez pas faire autrement. […] Mais la plupart des gens sont incapables de caricaturer, ils considèrent tout jusqu’au bout avec leur terrible sérieux. » (Avec leur terrible sérieux…)

7- Bon, après je m’emballe, je l’écoute avec les yeux embués d’admiration, je ne parviens et je n’essaye même plus de le trouver ridicule, je le deviens donc mais tant pis parce, honnêtement, c’est-y pas beau, ça ??? : « Vous avez la force de transformer le monde en caricature, la plus grande force de l’esprit, a-t-il dit, qu’il faut pour cela, cette seule force de survie, a-t-il dit. Nous ne maîtrisons que ce que nous trouvons finalement ridicule, c’est seulement lorsque nous trouvons le monde et la vie qu’on y mène ridicules que nous avançons, il n’y a pas d’autre, pas de meilleure méthode, a-t-il dit. » (moi, j’vote pour Bébert)

8- Joignons le geste à la parole : « Même Bach, ce gros puant, à l’orgue de Saint Thomas, n’a été qu’un personnage ridicule et profondément pénible, tout de même cela ne se discute pas. » (Le « tout de même cela ne se discute pas » est à réutiliser absolument, je le garde pour la prochaine fois où j’aurai l’occasion de parler de Mère Térésa, ce vieux tas de linge sale, aussi palpitante qu’une gentille limace, tout de même cela ne se discute pas)

9- Il faut aussi, très furtivement dans le discours, lâcher une phrase profondément humaniste, pour montrer qu’au fond si on est si méchant, c’est juste parce qu’on a l’amour d’autrui pudique : « Autant nous devrions aimer chacun en particulier, me dis je, autant nous détestons la masse. »
10- Ensuite, il y a tout un passage où, après avoir critiqué les grands maîtres en peinture, musique, philosophie et littérature, il critique, suite oblige, les chiottes autrichiens et plus particulièrement ceux de Vienne. Et, y’a pas, Tom, il me fait encore bidonner : « L’art ne connaît pas la pitié, me dis-je chaque fois que je rentre dans les cabinets du Musikverein, et j’y entre, a dit Reger ».
11- Et enfin (j’ai pas encore fini le livre mais je voulais en parler quand même, rien à foutre), la private joke entre écrivains que nous sommes, Bébert et moi... Il me pousse du coude, me fait un clin d’œil et me murmure à l’oreille alors que nous sommes en pleine conférence de presse suite à notre double nomination pour le prochain Festival de Cannes (ouais, on écrit des livres tellement cools, Thomas Bernhard et moi, que les gens font la queue pour les lire, 10 euros la séance) : « Il y a des dizaines d’années que vous écrivez votre ouvrage et vous dites que vous n’écrivez votre ouvrage que pour vous-même mais c’est épouvantable, personne n’écrit un écrit pour soi même, c’est un mensonge si quelqu’un dit qu’il n’écrit ses écrits que pour lui-même, mais vous savez aussi bien que moi que personne n’est plus menteur que les gens qui écrivent, le monde, depuis qu’il existe, ne connaît pas plus menteur que celui qui écrit, pas de plus vaniteux et pas de plus menteur, a dit Reger. » Ce que Tom essaye de me dire, c’est qu’entre gros cons, on se comprend.
Merci Tom.






lundi 23 mai 2011

Dreams are my reality

C'est trop cool : en ce moment, je fais des rêves avec des tas d'animaux dedans. Et rappelez vous la règle numéro 2 du blog cool : quand y'a des animaux, c'est bien (la règle numéro un étant : la mort, c'est pas bien) (le blog cool est un blog engagé). Alors, j'énumère (j'aime les listes numérotées en ce moment)(c'est un signe que je suis en cours de structuration)(ce qui explique pourquoi du jour au lendemain je vis avec un homme dans une maison à la campagne... la Marne plus exactement)(l'exotisme n'est plus là où Pierre Loti allait le chercher)(de toute façon à Tanger y'a pas une pute qui m'a fait rentrer chez elle pour me refiler la chtouille)(alors qu'en Marne tous les espoirs sont permis)

(bref) :
1- Un homard géant terrifiant qui s'est finalement avéré être mort (je l'avais attiré malgré moi en cherchant à récupérer les pendentifs perdus en mer des prisonniers de Floride)(je les trouvais beaux, les pendentifs, ils ressemblent à des poissons d'avril multicolores) (mon inconscient, lui, par contre, n'a visiblement pas envisagé de se structurer)


2- Une marmotte qui piquait les livres de là où je travaillais (une bibliothèque pouvons-nous imaginer ?)(mais comme l'auteur de ce rêve est mon inconscient, il devait plutôt s'agir d'un bureau de poste ou d'un silo à grains). J'ai mis la nuit entière à récupérer tous les bouquins, la marmotte est devenue Fraggle Selekta, une bonne amie à moi qui vit dans une grotte (mon inconscient n'est peut-être pas structuré mais est au courant de tout ce qui arrive à mes amis via facebook, Connected Unconsciousness oblige). Je constate que je rêve beaucoup de livres en ce moment, je pense que mon inconscient cherche à se connecter avec Robert Laffont.



3- Un cheval qui chargeait un loup, tant et si bien qu'à la fin, ils se transforment en rhinocéros qui fonce sur moi alors que je n'avais pas fini mon chapitre (j'interdis à tous les psychanalystes fictifs de laisser des commentaires)(je veux pas savoir)(et pis y'a que moi qui peux comprendre mon inconscient, nous avons une relation très intime, lui et moi, et les animaux, c'est juste parce qu'il sait que ça me détend, Cool Unconsciousness oblige).

jeudi 12 mai 2011

Se faire...

En tête des charts :
1. Vomir
2. Des amis
3. De l'argent
4. Belle
5. Chier
...

mardi 10 mai 2011

Trust me, zouk is back. - But, who's Zouk ?

Chose promise, chose due : je n'ai rien fait. Ensuite, comme ce n'était pas suffisant, je suis partie en vacances. En moto. J'étais Dennis Hopper dans Easy Rider, avec plus de cheveux, et plus mal au cul (j'ai voyagé sur une planche à clous dotée de roulettes hyper rapides)(des skaters californiens ont pleuré de jalousie en me voyant passer).


Et puis, je ne sais pas comment c'est pour vous dans votre monde fictif de lecteurs fictifs de blog (j'imagine que vous vivez sous une cascade permanente de flux rss entourée de collines de bannières scintillantes et de... bon en somme, les télétubbies c'est vous, je vous ai reconnus, trêve de faux semblants), mais ici il fait beau, il fait chaud, et c'est pour ça que dans mon immeuble, ils ont décidé de couper l'eau (du coup, j'ose pas aller faire caca)(du coup, je me suis dit qu'il était temps que je refasse du blog).


En réalité, j'ai du boulot all over la charette. Et il faut notamment que je rédige une lettre pour draguer des éditeurs pour qu'ils se disent, cette fille-là, elle est terrible, tiens si on lisait son tapuscrit (c'est comme ça qu'on dit maintenant)(je vis dans un monde moderne, je ne pourrai donc jamais envoyé des manuscrit à des éditeurs comme Balzac, autant dire que tout m'est bien égal dorénavant)(de toute façon mon prochain tapuscrit sera une comédie musicale, j'ai décidé ça quand j'ai vu Amadeus : ça a l'air trop cool de dessiner des petites boules noires toute la journée, après on se transforme en poney qui caracole).


Comme nous pouvons le constater, j'ai des difficultés de concentration quand il s'agit d'expliquer pourquoi je suis aussi géniale et que par conséquent ce serait excessivement cool de me payer très cher pour que je puisse continuer à passer ma vie à raconter n'importe quoi (cette seule ambition parle en ma faveur, non ?).

Non.



Je ne sais pas... Comment parle-t-on à un éditeur fictif ? Je voudrais être Polnareff, lui au moins saurait trouver les mots...

"Bonjour Editeur,

Ci-joint un tapuscrit... Holidays ! C'est l'avion qui descend du ciel, la mer comme une préface avant le désert.
Tu y trouveras tous les mots sans voix qu'on se dit avec les doigts, de ces mots qu'on peut penser mais à pas dire en société. Aussi nu qu'un tambour, mon style correspond bien à mon état civil. Je veux dire que, moi c'est autre chose : ma rose n'est pas encore éclose et mon silence repose. Ma dernière phrase sera pour qu'on me plaigne.
Si j'en crois votre silence, vos yeux pleins d'ennuis, nul espoir n'est permis pourtant je veux jouer ma chance même si, même si, je devais y brûler ma vie. ça fera quatre lignes dans les journaux.
Je ne connais rien de toi, ni ton nom, ni l'âge que tu as et pourtant tu ne regretteras pas car je donne tout tout pour ma chérie, je suis sur un piédestal de cristal alors, j'ai envie de te dire, Editeur, laisse un peu de vague à ton âme, n'aie pas peur des flammes de l'enfer. Car je te donnerai tous les bateaux, tous les oiseaux (même ceux qui passent comme des menaces), tous les soleils, l'île au trésor et les fruits et les abeilles.

Goodbye marilou,
Annloutre.

PS : OK pour un rendez-vous"

Je vais la garder, cette lettre, je pense qu'elle me servira aussi pour mon discours de quand j'aurai le prix Nobel.

mardi 29 mars 2011

More than this there's nothing

Bon. Je l'avoue. Une fois n'est pas coutume (quoique). Je ne fous rien. PLUS RIEN DU TOUT. En tout cas, cette semaine, c'est comme ça. J'ai décidé. Avec la conscience tranquille en plus. Un véritable scandale. J'ai même eu la flemme de me faire un masque au concombre, de lire un roman, de prendre un bain moussant ou de décorer ma chambre, voire même d'éplucher des carottes, enfin bref, tout le genre de machins que font les filles quand elles ne font rien. Et ben non. Même pas. Je fais RIEN. Comme un garçon quand il fait rien (pire même car je ne joue pas à la play station)(j'y comprends rien, ça va trop vite et ça pique les yeux)(même si dans Mario Kart, j'aime bien m'arrêter pour admirer le paysage).


Et pourquoi donc ? interroge le regard brûlant d'une fièvre de savoir intarissable du lecteur fictif. Parce que, répond la blogueuse lascive et nonchalante. Parce que j'ai réalisé un rêve d'enfant, j'ai pété la gueule à un monstre, j'ai volé avec le zappatiste et je m'apprête à m'engouffrer dans un tunnel long de 7 mois où tout ne sera plus que livres et révision (et zappatisme et un peu de bière et d'orchestre symphonique de temps en temps)(vous pouvez d'ores et déjà m'appeler Marguerite Duras)(vous comprenez bien que pour me préparer à une telle zone de bonheur extrême, il convient que je ne fasse rien cette semaine).


Bien sûr si j'étais Paris Hilton je fêterai tout ce bloubiboulga d'euphorie rose bonbon à grands coups de champagne, de cocaïne, de boules à facettes, de rires sardoniques et de panthères en diamant. Mais (et je sens que cette déclaration va me faire perdre une bonne moitié de lecteurs fictifs)(mais mon art ne souffre d'aucune compromission, qu'on se le dise), je ne suis pas Paris Hilton (je m'empresse de taper cette phrase dans Google, sait-on jamais... ah bah uniquement des photos de Paris Hilton... Excessivement décevant...).



Bref, donc je fête ça à grands coups de couette et de tisane au thym. Na. Et dieu merci, il fait même pas beau, je ne suis même pas obligée de sortir prendre l'air. Et je vais arrêter ce post là, car je suis épuisée, et il faut encore que je regarde mon plafond, le pauvre, je l'ai tant dédaigné ces derniers mois...

jeudi 3 mars 2011

Moi être une Vahinée.

ça vous le fait pas des fois ? Vous savez, comme dans les films où ça fait peur, quand le méchant avec sa sale gueule immonde et ses poils sur les dents et son haleine fétide et ses cheveux gras vous cherche partout dans l'appartement ou dans la forêt, peu importe, et que vous vous planquez complètement terrorisé derrière un ficus, en priant Dieu auquel vous croyez soudain à mort pour que le méchant ne vous voie pas, vous êtes prêts à tout donner, à renoncer à tout, à vous baigner tous les matins dans une mare à cafards grouillants, à ne plus jamais répondre "dans ton cul" à la question "où es-tu", à vous inscrire à un cours de capoeira du 3ème âge, à vous couper les ongles de pied plus court, bref à tout, pourvu que ça s'arrête, pour ne plus entendre son souffle à travers le trou de la serrure et surtout pour que jamais, grand dieu, jamais, le regard malicieux et furibond de la bête immonde ne se pose soudain sur vous, ça y est, il vous a vu et maintenant c'est trop tard, il n'y a plus qu'à embarquer dans la moulinette, fermer les yeux, retenir son souffle et se laisser broyer.

J'aurai dû lui dire "dans ton cul".

dimanche 27 février 2011

Manifeste du bougonnisme

Je viens de finir l'œuvre magistrale. J'ai posé un point final sur mon manuscrit. Je l'ai fait. Je l'ai fini. And now, what ?


Maintenant, je bougonne. Je prétends que c'est parce que j'ai peur que ça soit le plus mauvais de tous les livres qui n'ont jamais été publiés. Mais en réalité, je crois que c'est parce que je me plais à bougonner quand j'ai rien de mieux à faire. Et qu'écrire un livre était somme toute une activité merveilleusement absorbante. J'aime être absorbée. Sans quoi je bougonne. Qu'on se le dise.


Bougonner, c'est cool aussi parce que c'est corrélé au fait de ne parler que de soi (essayez : si vous vous mettez à penser sincèrement aux autres, à les écouter et à vous préoccupez d'eux, vous ne pourrez instantanément plus bougonner). Si le bougonnage est excessivement désagréable pour l'entourage, on l'aura compris, il est une source d'inspiration inépuisable, et en outre, de mon point de vue, il est à la source de pas mal de génies (déjà cité dans le blog cool : Cioran, Holden Caufield from Salinger, Burroughs...)(que j'ai découvert récemment : BS Johnson, Harvey Pekar) (et que j'aime d'amour depuis toujours : Céline, Louis Ferdinand Céline, oui, lui, et puis d'abord je mettrai que lui dans cette rubrique parce que j'emmerde Frédéric) .

Bref, je suis ravie d'être bougon, car c'est la preuve que je suis géniale.


Alors, certes, sous pas mal d'aspects, être géniale, c'est pas mal. Le problème c'est que c'est vraiment pas cool pour tous les gens qui m'aiment, ce qui représente à peu près le PIB du Botswana (?). Absolument. Reprenons les exemples cités ci-dessus, ce sont quand même des types odieux, avec leur femme pour la plupart (y'en a même un qui a tiré sur la sienne en se prenant pour Guillaume Tell), qui ont une forte tendance à l'autodestruction voire au suicide, qui passent leur temps à trouver honteux que les autres ne les vénèrent pas à la hauteur de leur talent et qui pensent que leurs contemporains sont des sous-merdes gluantes. En résumé, ils regrettent le temps de la cavalerie. Autant dire que ces gens sont infects. Et là du coup, je suis un peu moins emballée à l'idée d'être géniale.

Or, c'est dommage parce qu'être géniale, ça serait cool, ça voudrait dire que quelques personnes (je n'aimerai pas faire l'unanimité)(les grands génies ne font jamais l'unanimité)(d'ailleurs, relisez ce post depuis le début en pensant à Carlos et à sa mère et vous aurez une preuve supplémentaire que le bougonnisme est une réalité) aiment vraiment mon livre et attendent avec impatience le suivant (et qu'en attendant ils m'invitent à boire du champagne)(sempiternellement). Mais est-ce que ça voudrait dire que je suis un monstre et que je mange les enfants tout crus en compagnie de mes amis nazis ? Ou que je me touche avec des lézards amputés ?

Non. Bien sûr. Car dieu merci, à l'inverse : ce n'est pas parce que je mange des lézards que je ponds des chefs d'œuvre (il faudra que je tape cette phrase dans Google pour voir ce que ça ramène...)(une autruche qui court et une affiche "la France pue")(ça se tient). En fait, que je bougonne ou non, ça ne changera rien à ce que j'écris, ni au fait que ça plaise ou non à mes lecteurs, si tant est que je parvienne à en avoir qui n'explose pas en vomis sardoniques avant la fin du premier chapitre (qui fait une demi-page).

Bref. Vous voyez où je veux en venir.

Non ?

(Putain. Mais si personne capte que dalle quand je cause la littérature, je vais faire comment, moi, pour réussir le concours infernal !)(dites-moi pas qu'il va falloir que je bosse et que j'apprenne par coeur les théories des autres !)(dites moi pas ça !) (c'est tellement si cool d'ergoter sur le bougonnisme...). Bon, ben, je vais laisser quelqu'un d'autre le dire de façon plus académique, tas d'idiots. (hihi ! Je bougonne encore !). Le type en question s'appelle Milan Kundera, autant dire que c'est pas un débutant :

"Le romancier démolit la maison de sa vie pour, avec les briques, construire une autre maison : celle de son roman." (et voilà ce que je disais !)(quand on en reste au stade des 3 petits cochons, tout le monde comprend mieux...) "D'où il résulte que les biographes d'un romancier défont ce que le romancier a fait, refont ce qu'il a défait. Leur travail, purement négatif, ne peut éclairer ni la valeur, ni le sens d'un roman; il peut à peine identifier quelques briques. Au moment où Kafka attire plus d'attention que Joseph K., le processus de la mort posthume de Kafka est amorcé."

Et aujourd'hui, alors que tout n'est plus que Voici, Ooops et Closer, autant dire que la littérature prend cher à sa gueule : faut-il ignorer Voyage au bout de la Nuit sous prétexte que son auteur est un connard antisémite ?



L'écrivain, je vous le rappelle, a l'humilité d'annoncer qu'il raconte des histoires. Le lecteur le sait. On en connaît par contre pas mal qui en racontent sans le dire. C'est bien plutôt de ceux-là dont il faudrait se méfier... non ?

"La merde a de l'avenir. Vous verrez qu'un jour on en fera des discours." L.F. Céline

"Sachez avoir tort. Le monde est rempli de gens qui ont raison. C'est pour cela qu'il écœure" L.F. Céline

Putain de merde.