vendredi 20 avril 2012

Corneille, qui revient de loin.

J'ai vu le Cid de Corneille, en DVD, et je me suis bien bidonnée.
C'était pas gagné. Pour ne rien vous cacher, les DVD, c'est quand même un bon moyen de me faire vite fait une culture de théâtre (un minimum pour, je vous le rappelle, une future prof de français)(pô évident). Je suis contente de m'être bien bidonnée parce que ça commence à sérieusement m'angoisser l'idée de devoir faire aimer des auteurs et des oeuvres qui m'emmerdent profondément (je sais, j'ai de la marge de manoeuvre, mais ça va être dur de faire l'impasse sur le roman du XIXe qui en ce moment m'emmerde)(et pareil pour pas mal d'autres trucs)(mais c'est sans doute lié au fait qu'en ce moment je ne m'intéresse qu'à la culture vaudou et au fantastique dans le réel et aux histoires qui ne tiennent pas debout)(mais allongée, ça passe). C'est juste que j'ai peur d'être complètement désarmée par ma franchise le jour de l'oral du concours. Bah. On verra d'ici là (step by step... Oh et pis, merde, je ne résiste plus :

aaaaaaaaaaaaaaah... ça fait du bien........... )
Donc toujours est-il que le Cid, il m'a fait bidonné dans la version que j'ai vue parce que :
- Don Gomès ressemblait à George Michael.
- Rodrigue à Lorenzo Lamas (oui, souvenez-vous, cette merveilleuse série : Le Rebelle :
- Et le roi, à Ozzy Osbourne qui jouerait dans la Cage aux Folles.
Pour l'histoire, ils jurent tous leurs grands dieux sur leur honneur, tout ça (sauf le roi mais on m'enlèvera pas de la tête que quand on s'est fait enculé au moins une fois dans sa vie, on est tout de suite beaucoup plus souple)(de là, à en déduire que le Cid est une histoire de puceau de l'anus, il n'y a qu'un pas, que je ne franchirai pas)(va, je ne te hais point). Bon, c'est une pièce qui fait réfléchir vu que je me suis demandé qui aujourd'hui était prêt (ou le prétendait) à tuer ou à mourir pour son honneur... C'est-y quoi donc que ce truc y serait de nos jours, je vous le demande... Je sais pas trop, ça sonne bien comme ça, mais ça rend plutôt con apparemment. Y'a qu'à voir :
Lorenzo Cid est un demeuré très costaud qui fait tout ce qu'on lui dit de faire (mais vraiment tout). Chimène est une garce capricieuse et bien chaude qui ment comme elle respire et qui allume tout le monde pour obtenir ce qu'elle veut et qui se roule par terre quand elle ne l'obtient pas. Bon, Don Gomès, j'aimais bien (George Mickael, ben ouais...) mais il dure pas longtemps, il se fait occire parce qu'il arrête pas de dire à tout le monde ce qu'il pense, il a l'insolence d'un free-fighter, moi, je trouve vraiment que c'est le seul qui tire son aiguille du jeu dans c't'histoire (mais il ne serait pas mort, vu qu'il dit les quatre vérités tout le temps, y'aurait pas eu d'histoire)(bon, le roi, il est con mais au moins, il fait bidonner). Et Don Diègue, je crois, le père de Lorenzo Cid, est une ordure qui veut tout le temps que son fils aille se faire tuer (je suis pour l'avortement mais pas post-naissance).
Voilà. Je sais vraiment pas si je vais le réussir cet oral...(et quand bien même, les inspections en cours après, ça va pas être évident, évident...)

mardi 10 avril 2012

Des frites dans le cornet.

Mes hommes de l'année du mois d'Avril sont :
Stokely Carmichael,


Le cerveau du Black Power (mais aussi parce qu'il est bôôôô).

Et Graham Chapman,


Des Monty Python (mais aussi parce qu'il est drôôôôôle).

jeudi 5 avril 2012

chong chong

1ère scène : Un jet d'urine sur un nid de fourmis.

Citation au générique de début : "The revolution is not a social dinner, a literary event, a drawing or an embroidery; it cannot be done with elegance and courtesy. The revolution is an act of violence." - Mao Tse-Tung

Dernière scène : "What about me now ?" "Duck, you sucker!" (planque-toi connard)

Signé : Sergio Leone.

(Il était une fois la révolution en french)

mardi 3 avril 2012

La peau du rôle.

L'autre jour, alors que je sirotais un café au soleil en étudiant le rôle des personnages dans les romans de Zola à travers l'analyse de la Bête Humaine (et dimanche, j'ai fait une phrase dans laquelle il y avait "démarche pédagogique" et "champagne-ardenne" et je peux vous dire que ces derniers temps, ma vie m'échappe), un poivrot du matin (les plus inspirés) expliquait à son congénère qui avait une tête à ne pas mettre sa photo de profil sur Meetic que pour draguer une femme, il fallait la faire boire et lui citer du Audiard. Ces derniers temps, dès qu'un homme dit 'femme', je me fous en rogne sur mes grands chevaux et ensuite, je cherche des arguments. Ce qui n'est pas une bonne méthode. Par exemple, là, je me suis souvenue du nombre de types qui m'avaient séduite en me faisant boire et en me citant du Audiard. Si on ajoute ceux qui m'ont tartinée de Milan Kundera... Gérard et Jean-Claude n'avaient pas tort. Que ça me plaise ou non.

Le problème n'est donc pas là (il faut un problème, sinon à quoi bon que je vous cause). Le problème est : combien de types j'ai déjà séduit en les faisant boire et leur citant du Antoine Blondin ? Combien ? Prou.

(Le rapport ? Un singe en hiver :

)

A ma décharge, je n'en suis présentement qu'à mes toutes premières 25 pages de Blondin. Pourtant, ça fait un sacré paquet de temps que je voulais me pencher sur la question. Au moins depuis ça :


Mon film préféré de tout l'univers. Forcément, il devait y avoir un lien.

A fond :

"Soldat inconnu, connais pas... Comme si vous me parliez peau rouge. Et encore, les Peaux Rouges, ils ont le bon esprit, quand c'est fini, d'enterrer la hache de guerre. Nous, c'est le guerrier qu'on enterre, mais le matériel, on le conserve..."

"Je ne sais pas ce que la vie va faire de nous et j'ignore ce qu'elle est, mais je puis vous affirmer qu'elle nous dispersera sur des sentiers étroits. La solitude nous pèsera. Sachons faire des haltes. Laissons vivre. Nous retrouverons dans les buissons des déserteurs légers comme nous..."

"En fin de compte, (...), avec toutes vos cochonneries, vous ne trompez personne. Là, comme ailleurs, le vocabulaire ne suffit pas. Il faut aller dans le pays pour prendre l'accent."

"Tu es le roi des ballots.
- C'est à considérer.
- Je te parle en toute franchise.
- Mais j'espère bien. C'est merveilleux, dit Muguet, comme les gens qui vous traitent de couillons croient toujours vous faire plaisir en ajoutant qu'ils sont sincères."
"Eh ! Les copains, on pourrait sortir un petit peu ?
- Jamais, répondirent les autres, qui s'efforçaient d'entraîner la serveuse dans une série de tableaux vivants destinés à célébrer la prise de la Bastille, vue par en dessous."

"L'important, au seuil de la vie, déclara Benjamin, c'est de se mettre dans la peau de son rôle."

Extraits de l'Europe Buissonière, d'Antoine Blondin.
J'ai pas fini de vous allumer fictivement en vous en parlant.
A l'instar d'Antoine, la réécriture des Ventres Vides est en train de dériver sérieusement vers l'écriture d'un Mental en Marshmallow, titre provisoire de l'histoire de Manu Merde, je le dis pour vous rassurer fictivement : je ne fais pas que de la démarche pédagogique en champagne-ardenne. Allez Luya.

lundi 2 avril 2012

Notebook

"Telling the stories of various characters in relation to each other, how something started, how it developed, how it ended, novels are intimately involved with the way we make up ourselves. They reinforce a process we are engaged in every moment of the day, self creation. They sustain the idea of a self projected through time, a self eager to be a real something (even at the cost of great suffering) and not an illusion. " ( où c'est qu'on t'explique qu'on n'a pas BESOIN d'histoires, que ça rend même un peu marteau mais que quand même c'est cool)

C'est vrai qu'au fond, je n'ai pas BESOIN d'écrire. J'en ai juste ENVIE.

dimanche 1 avril 2012

"I never think of the future, it comes soon enough" Einstein

A partir d'aujourd'hui, c'est décidé, je vais faire tout comme Albert.

samedi 31 mars 2012

Misery is a butterfly

"In 2000, 213 women met violent deaths in Guatemala, compared to 720 in 2009 and 675 in 2010. Worse still, only an estimated 2 percent of these cases have received legal action. The victims are mostly the “nobodies” of society, poor women, in many cases indigenous, from families lacking resources and education. Their bodies are often found mutilated, with indications of rape. Investigations are routinely botched, if they’re even pursued. “She was a prostitute,” a police investigator might say if the victim has a belly-button ring or is wearing a miniskirt. The investigation is closed before being opened." (voir ) (oui, le blog cool se transforme en féministe anglo-saxonne, ce n'est pas là la moindre de ses mutations. Ni la dernière. Le blog cool est un défi permanent à vos capacités d'adaptation fictive).



Donc, au Guatemala, depuis 2000, nous dit-on il y a eu 100 000 gonzesses zigouillées de façon plus ou moins élaborées. Des gars aussi vous me direz. Oui. Mais depuis quand le lecteur fictif interrompt-il la féministe anglo-saxonne ? (voyez ! Je deviens prof ! J'ergote et vous vous emmerdez !). Non, mais juste j'aurai bien aimé avoir le nombre accumulé des meurtres commis contre des femmes dans le monde, depuis 2000 et le nombre de cas non élucidés (sous prétexte par exemple qu'elle était bonne, bien fait pour sa gueule). Parce que y'a pas longtemps on m'a expliqué que la cause féministe, c'était quand même bien moins important que les autres causes, vu qu'il n'y avait pas eu par exemple de grandes vagues de crimes, de génocides etc... Et j'ai appris avec le temps qu'un coup de gourdin sur la tête ne pouvait constituer un argument efficace. Un chiffre ou deux, ça pourrait compenser. Un peu.



Et d'une façon générale, je note que l'argument qui ressort et qui impacte le plus fortement les esprits contre l'activisme féministe, c'est toujours ça : c'est moins important, ce n'est pas prioritaire, il y a tellement de trucs plus graves, au fond, vos revendications sont marginales, on traitera ça quand on s'attaquera aux dossiers de la pile 107 : rénovation de la départementale 110, prise en compte dans le calendrier des négociations canines du Syndicat National de Défrisage des Caniches, changement de la couleur des signalisations de randonnées cyclistes de niveau 3. Imparable.
L'autre argument, c'est : déjà que vous êtes en mesure de pondre des gosses, z'allez pas en plus faire chier pour avoir d'autres fonctions.

Alors non : la moitié de la population ne se réduit pas à une nuée de petits papillons graciles et colorées capables de prodiguer constamment un amour inconditionnel et bienveillant et à qui on peut sans conséquence foutre un coup de tapette. Comme ça. C'est qu'un papillon après tout.