ça y est, j'ai reçu la feuille des voeux d'affectation de l'Education Nationale. Ils ne proposent pas la Nouvelle Orléans. Je sais plus qu'est ce qui faut faire.
En attendant, je note pour pas oublier les trucs qu'il dit Tristan Garcia, un nounours qu'on a envie de se rouler dedans pendant qu'il s'interroge sur le rapport entre les objets (oui, j'ai la philosophie tactile, j'en peux rien)
"Et puis il m'a semblé que le moderne était celui qui se forçait à la tristesse et le contemporain celui qui se forçait à la joie"
"Et je sens bien que je travaille dans mes romans à saper les fondements de ce que j'essaie de penser en philosophie. (...). Je me suis aperçu que mes deux premiers romans étaient, malgré moi, consacrés à l'effacement des genres (l'homosexualité, le queer) et à l'effacement des espèces (un singe qui parle)."
"En littérature, je suis attiré par des personnages mauvais, faux, fous, irrationnels, par des corps qui parlent sans souci de la vérité (...)"
"Avec la théorie et la littérature, j'ai ce genre de croyance et de superstition : si je parvenais à théoriser, à conceptualiser ce que j'essaie de raconter, je n'arriverais plus à écrire un seul mot. Et pour que ça marche, je préfère ignorer comment ça marche."
Y'm'détend du stylo, le père Garcia, fô bien l'dire.
Et je trouve aussi ça très réjouissant (sisi) de comment qu'il parle de la mort (rappport au fait que celui qui y pense ou celui qui y pense pas, c'est kif kif bourricot, alors que tous les classiques, ils se la pètent que comme ils pensent, ils écrivent des livres et tout et tout, ils transcendent leur mort. Même pô vrai. Et toc.)
"Ainsi, la mort est l'exposition d'une égalité : il est égal que je pense à la mort ou que je n'y pense pas, il est égal que je croie à l'immortalité ou que je n'y croie pas."
"[La pensée] ne nous rend pas immortel -contrairement à presque ce que toute la tradition philosophique a voulu proclamer. Et accéder à cette platitude, penser sans croire à la puissance salvatrice de la pensée, c'est comprendre le monde - le lieu où rien n'est plus qu'autre chose. Ce n'est, je crois, que sur le fond de ce monde indifférent et plat qu'on peut vivre, c'est à dire retrouver du plus et du moins, des valeurs morales et politiques, des intensités, de l'amour pour ce qui importe, de la haine, de la joie, des affects; la platitude, c'est l'enfer que la pensée doit traverser, comme on traverse une dépression, pour retrouver le sens d'une vie."
vendredi 27 avril 2012
mercredi 25 avril 2012
Du bruit, de la fureur et des chaussettes
Je suis dépucelée de l'isoloir depuis dimanche. Bon, au début, j'étais contente : je ne vais plus me faire engueuler, maintenant, on ne me dira plus, si LePen il passe, c'est de ta faute, on ne me dira plus, t'as pas honte, après tous les gens qui sont morts pour que tu puisses avoir le droit de vote, enfin, bref, voter, ça faisait vachement de charges en moins dans mon dossier, je n'étais plus Hitler, j'étais Superman, y'avait de quoi être contente. J'allais ensuite regarder 'La vie de Brian' chez le Zappatiste en bouffant des saucisses, rassurée quant au sort du monde.
Surtout, j'ai soudain réalisé que : "Comme ceux qui l'ont précédé, le nouveau Président ne pourra trancher dans le vif. Du haut de la pyramide de la V° république, il n'aura jamais accès au bouillonnement de la base mais devra en permanence composer entre des corps institués aux intérêts contradictoires, caciques influents et organismes jaloux de leur parcelle de pouvoir. Aussi moderne sera-t-il, a priori, c'est bien sa fonction qui fera de lui un vieil épouvantail bleu blanc rouge." (Ariel Kyrou dans le dernier Chronicart sur l'Intercannette, que je vous recommande chaudement, ça donne des idées, de l'envie et de l'espoir, tous ces trucs cools qui existent partout sauf à la télé et en politique).
J'ai soudain réalisé que c'était idiot de reprocher aux politiques de ne pas être capable de changer nos vies : je suis bien contente que ma vie soit mon problème et ma responsabilité, plus que la leur (c'est pas ça, au fait, la démocratie?).
J'ai réalisé aussi que cet été, j'avais écrit ça (oué, je m'auto-cite maintenant. ranafoute) :
Surtout, j'ai soudain réalisé que : "Comme ceux qui l'ont précédé, le nouveau Président ne pourra trancher dans le vif. Du haut de la pyramide de la V° république, il n'aura jamais accès au bouillonnement de la base mais devra en permanence composer entre des corps institués aux intérêts contradictoires, caciques influents et organismes jaloux de leur parcelle de pouvoir. Aussi moderne sera-t-il, a priori, c'est bien sa fonction qui fera de lui un vieil épouvantail bleu blanc rouge." (Ariel Kyrou dans le dernier Chronicart sur l'Intercannette, que je vous recommande chaudement, ça donne des idées, de l'envie et de l'espoir, tous ces trucs cools qui existent partout sauf à la télé et en politique).
J'ai soudain réalisé que c'était idiot de reprocher aux politiques de ne pas être capable de changer nos vies : je suis bien contente que ma vie soit mon problème et ma responsabilité, plus que la leur (c'est pas ça, au fait, la démocratie?).
J'ai réalisé aussi que cet été, j'avais écrit ça (oué, je m'auto-cite maintenant. ranafoute) :
"Les forts ont toujours tort, ils
sont d’une platitude navrante : des gros blancs autour d’une table en
train de signer des traités, leur rapport avec le reste du monde c’est de leur
demander du fric, de les faire bosser, de les éduquer, et de les envoyer à la
guerre, y’a pas d’histoire en politique, tout se répète tout le temps mais ils
continuent à nous faire croire qu’ils font l’histoire, c’est sans doute une de
leur plus grande supercherie. Ils n’ont jamais rien changé au monde, ils se
sont toujours contentés de suivre les bonnes idées évidentes qui existaient
déjà des années avant eux. Ils pensent qu’ils sont à l’origine des choses alors
qu’ils n’en sont que le plus simple aboutissement : les politiques sont
les exécuteurs de l’histoire, ce sont les exploités des illuminés et des fous,
ce sont les prolétaires de la grande humanité, d’où leur régulière méchante
aigreur qu’on parvient mieux à leur pardonner quand on sait tout ça. Des années
de travail et de lutte pour obtenir le pouvoir et se rendre compte alors de
l’insignifiant et délébile individu que l’on est, y’a de quoi vouloir mettre
des gens en prison pour prouver qu’on existe, non
?"
Pour le dire autrement, c'est pas De Gaulle qui a fait la résistance, c'est la résistance qui a fait De Gaulle.
Bref, voter m'a soudain paru beaucoup moins dramatique qu'il n'y paraissait au départ, l'enjeu devenait pour moi de changer le bruit de fond, celui qu'on a depuis 5 ans me lasse profondément, faut bien le reconnaître.
Et oui, y'a des tas de gens qui meurent en Syrie ou ailleurs pour ... ? Pour avoir le droit de voter pour Cheminade ? Ou pour avoir le droit de se rencontrer, de réfléchir, de changer, de trouver le meilleur moyen de bouffer, d'aimer qui on veut, comme on veut, etc. ? On meurt pas pour pouvoir voter pour Hollande, Le Pen ou Eva Joly. On meurt pour avoir la possibilité de choisir sa vie, on meurt quand on a plus que le seul choix de ne pas vivre ou de mourir. La démocratie jusqu'à preuve du contraire est simplement l'endroit où c'est le plus possible. Quand je choisis de vivre une vie qui corresponde mieux à mes valeurs, de changer de travail, de prendre des risques, de ne pas me marier ou faire des enfants parce que c'est mon choix, de lire toujours plus et de changer d'avis toujours plus, je fais plus que mon devoir de citoyen, je fais l'être humain. C'est ce que je dois à la vie, à ma chance, à moi-même et aux autres (ne serait-ce que parce que, du coup, je les fais bien moins chier). Plus, bien plus encore, que de voter.
Bon. Et 20% au FN : "Horreur ! 20% de la France est raciste et xénophobe !" "Au secours !" "J'ai peur!" "Bandes d'incultes dégénérés ! " "Et dire que leurs enfants aussi !", etc... Remplacez "sales fachos" par "sales bougnoules", et au fond, la France n'est pas si divisée que ça.
20% de racistes ? Proportion de racisme dans l'humanité ? Ton racisme à toi ? Un enfant blanc qui n'a jamais vu de noir, que fait-il (ou un jaune de blanc ou un schtroumpf de mariachi, etc...)? Il se fait caca dessus.
Donc ? En s'insultant mutuellement, on obtiendra un régime basé sur la haine de ce qui est différent de moi (le FN ou l'Arabe)(ou les financiers)(ou les gauchistes utopistes et profiteurs)(etc.) et on sera bien avancé, vu qu'on savait déjà ce dont on est capable de ce point de vue-là (oui, moi aussi, toi aussi, lui aussi). Or la démocratie, au delà du vote, c'est aussi choisir de vivre ensemble même si je ne peux pas piffrer mon voisin et que ça ne risque pas de changer.
Si on pouvait seulement parler d'autre chose que du connard d'à côté, ça nous changerait.
On pourrait, je sais pas moi, parler de maisons en paille, de lamas travestis, de valise-satellites, de vaudous, de sushis, de comédies musicales, de canaris albinos, des avatars de Justin Bieber, de craquettes à l'air, du hip-hop à Dunkerque, du goûts des chaussettes, des soirées 'Métastases et Sirtaki', des pingouins skaters, etc... (c'est pas comme si ça manquait, les occasions de se bidonner)(la vie est courte, même en démocratie).
Pour le dire autrement, c'est pas De Gaulle qui a fait la résistance, c'est la résistance qui a fait De Gaulle.
Bref, voter m'a soudain paru beaucoup moins dramatique qu'il n'y paraissait au départ, l'enjeu devenait pour moi de changer le bruit de fond, celui qu'on a depuis 5 ans me lasse profondément, faut bien le reconnaître.
Et oui, y'a des tas de gens qui meurent en Syrie ou ailleurs pour ... ? Pour avoir le droit de voter pour Cheminade ? Ou pour avoir le droit de se rencontrer, de réfléchir, de changer, de trouver le meilleur moyen de bouffer, d'aimer qui on veut, comme on veut, etc. ? On meurt pas pour pouvoir voter pour Hollande, Le Pen ou Eva Joly. On meurt pour avoir la possibilité de choisir sa vie, on meurt quand on a plus que le seul choix de ne pas vivre ou de mourir. La démocratie jusqu'à preuve du contraire est simplement l'endroit où c'est le plus possible. Quand je choisis de vivre une vie qui corresponde mieux à mes valeurs, de changer de travail, de prendre des risques, de ne pas me marier ou faire des enfants parce que c'est mon choix, de lire toujours plus et de changer d'avis toujours plus, je fais plus que mon devoir de citoyen, je fais l'être humain. C'est ce que je dois à la vie, à ma chance, à moi-même et aux autres (ne serait-ce que parce que, du coup, je les fais bien moins chier). Plus, bien plus encore, que de voter.
Bon. Et 20% au FN : "Horreur ! 20% de la France est raciste et xénophobe !" "Au secours !" "J'ai peur!" "Bandes d'incultes dégénérés ! " "Et dire que leurs enfants aussi !", etc... Remplacez "sales fachos" par "sales bougnoules", et au fond, la France n'est pas si divisée que ça.
20% de racistes ? Proportion de racisme dans l'humanité ? Ton racisme à toi ? Un enfant blanc qui n'a jamais vu de noir, que fait-il (ou un jaune de blanc ou un schtroumpf de mariachi, etc...)? Il se fait caca dessus.
Donc ? En s'insultant mutuellement, on obtiendra un régime basé sur la haine de ce qui est différent de moi (le FN ou l'Arabe)(ou les financiers)(ou les gauchistes utopistes et profiteurs)(etc.) et on sera bien avancé, vu qu'on savait déjà ce dont on est capable de ce point de vue-là (oui, moi aussi, toi aussi, lui aussi). Or la démocratie, au delà du vote, c'est aussi choisir de vivre ensemble même si je ne peux pas piffrer mon voisin et que ça ne risque pas de changer.
Si on pouvait seulement parler d'autre chose que du connard d'à côté, ça nous changerait.
On pourrait, je sais pas moi, parler de maisons en paille, de lamas travestis, de valise-satellites, de vaudous, de sushis, de comédies musicales, de canaris albinos, des avatars de Justin Bieber, de craquettes à l'air, du hip-hop à Dunkerque, du goûts des chaussettes, des soirées 'Métastases et Sirtaki', des pingouins skaters, etc... (c'est pas comme si ça manquait, les occasions de se bidonner)(la vie est courte, même en démocratie).
vendredi 20 avril 2012
Corneille, qui revient de loin.
J'ai vu le Cid de Corneille, en DVD, et je me suis bien bidonnée.
C'était pas gagné. Pour ne rien vous cacher, les DVD, c'est quand même un bon moyen de me faire vite fait une culture de théâtre (un minimum pour, je vous le rappelle, une future prof de français)(pô évident). Je suis contente de m'être bien bidonnée parce que ça commence à sérieusement m'angoisser l'idée de devoir faire aimer des auteurs et des oeuvres qui m'emmerdent profondément (je sais, j'ai de la marge de manoeuvre, mais ça va être dur de faire l'impasse sur le roman du XIXe qui en ce moment m'emmerde)(et pareil pour pas mal d'autres trucs)(mais c'est sans doute lié au fait qu'en ce moment je ne m'intéresse qu'à la culture vaudou et au fantastique dans le réel et aux histoires qui ne tiennent pas debout)(mais allongée, ça passe). C'est juste que j'ai peur d'être complètement désarmée par ma franchise le jour de l'oral du concours. Bah. On verra d'ici là (step by step... Oh et pis, merde, je ne résiste plus :
aaaaaaaaaaaaaaah... ça fait du bien........... )
Donc toujours est-il que le Cid, il m'a fait bidonné dans la version que j'ai vue parce que :
- Don Gomès ressemblait à George Michael.
- Rodrigue à Lorenzo Lamas (oui, souvenez-vous, cette merveilleuse série : Le Rebelle :
C'était pas gagné. Pour ne rien vous cacher, les DVD, c'est quand même un bon moyen de me faire vite fait une culture de théâtre (un minimum pour, je vous le rappelle, une future prof de français)(pô évident). Je suis contente de m'être bien bidonnée parce que ça commence à sérieusement m'angoisser l'idée de devoir faire aimer des auteurs et des oeuvres qui m'emmerdent profondément (je sais, j'ai de la marge de manoeuvre, mais ça va être dur de faire l'impasse sur le roman du XIXe qui en ce moment m'emmerde)(et pareil pour pas mal d'autres trucs)(mais c'est sans doute lié au fait qu'en ce moment je ne m'intéresse qu'à la culture vaudou et au fantastique dans le réel et aux histoires qui ne tiennent pas debout)(mais allongée, ça passe). C'est juste que j'ai peur d'être complètement désarmée par ma franchise le jour de l'oral du concours. Bah. On verra d'ici là (step by step... Oh et pis, merde, je ne résiste plus :
aaaaaaaaaaaaaaah... ça fait du bien........... )
Donc toujours est-il que le Cid, il m'a fait bidonné dans la version que j'ai vue parce que :
- Don Gomès ressemblait à George Michael.
- Rodrigue à Lorenzo Lamas (oui, souvenez-vous, cette merveilleuse série : Le Rebelle :
- Et le roi, à Ozzy Osbourne qui jouerait dans la Cage aux Folles.
Pour l'histoire, ils jurent tous leurs grands dieux sur leur honneur, tout ça (sauf le roi mais on m'enlèvera pas de la tête que quand on s'est fait enculé au moins une fois dans sa vie, on est tout de suite beaucoup plus souple)(de là, à en déduire que le Cid est une histoire de puceau de l'anus, il n'y a qu'un pas, que je ne franchirai pas)(va, je ne te hais point). Bon, c'est une pièce qui fait réfléchir vu que je me suis demandé qui aujourd'hui était prêt (ou le prétendait) à tuer ou à mourir pour son honneur... C'est-y quoi donc que ce truc y serait de nos jours, je vous le demande... Je sais pas trop, ça sonne bien comme ça, mais ça rend plutôt con apparemment. Y'a qu'à voir :
Lorenzo Cid est un demeuré très costaud qui fait tout ce qu'on lui dit de faire (mais vraiment tout). Chimène est une garce capricieuse et bien chaude qui ment comme elle respire et qui allume tout le monde pour obtenir ce qu'elle veut et qui se roule par terre quand elle ne l'obtient pas. Bon, Don Gomès, j'aimais bien (George Mickael, ben ouais...) mais il dure pas longtemps, il se fait occire parce qu'il arrête pas de dire à tout le monde ce qu'il pense, il a l'insolence d'un free-fighter, moi, je trouve vraiment que c'est le seul qui tire son aiguille du jeu dans c't'histoire (mais il ne serait pas mort, vu qu'il dit les quatre vérités tout le temps, y'aurait pas eu d'histoire)(bon, le roi, il est con mais au moins, il fait bidonner). Et Don Diègue, je crois, le père de Lorenzo Cid, est une ordure qui veut tout le temps que son fils aille se faire tuer (je suis pour l'avortement mais pas post-naissance).
Voilà. Je sais vraiment pas si je vais le réussir cet oral...(et quand bien même, les inspections en cours après, ça va pas être évident, évident...)
mardi 10 avril 2012
Des frites dans le cornet.
Mes hommes de l'année du mois d'Avril sont :
Stokely Carmichael,
Le cerveau du Black Power (mais aussi parce qu'il est bôôôô).
Et Graham Chapman,
Des Monty Python (mais aussi parce qu'il est drôôôôôle).
Stokely Carmichael,
Le cerveau du Black Power (mais aussi parce qu'il est bôôôô).
Et Graham Chapman,
Des Monty Python (mais aussi parce qu'il est drôôôôôle).
jeudi 5 avril 2012
chong chong
1ère scène : Un jet d'urine sur un nid de fourmis.
Citation au générique de début : "The revolution is not a social dinner, a literary event, a drawing or an embroidery; it cannot be done with elegance and courtesy. The revolution is an act of violence." - Mao Tse-Tung
Dernière scène : "What about me now ?" "Duck, you sucker!" (planque-toi connard)
Signé : Sergio Leone.
Citation au générique de début : "The revolution is not a social dinner, a literary event, a drawing or an embroidery; it cannot be done with elegance and courtesy. The revolution is an act of violence." - Mao Tse-Tung
Dernière scène : "What about me now ?" "Duck, you sucker!" (planque-toi connard)
Signé : Sergio Leone.
(Il était une fois la révolution en french)
mardi 3 avril 2012
La peau du rôle.
L'autre jour, alors que je sirotais un café au soleil en étudiant le rôle des personnages dans les romans de Zola à travers l'analyse de la Bête Humaine (et dimanche, j'ai fait une phrase dans laquelle il y avait "démarche pédagogique" et "champagne-ardenne" et je peux vous dire que ces derniers temps, ma vie m'échappe), un poivrot du matin (les plus inspirés) expliquait à son congénère qui avait une tête à ne pas mettre sa photo de profil sur Meetic que pour draguer une femme, il fallait la faire boire et lui citer du Audiard. Ces derniers temps, dès qu'un homme dit 'femme', je me fous en rogne sur mes grands chevaux et ensuite, je cherche des arguments. Ce qui n'est pas une bonne méthode. Par exemple, là, je me suis souvenue du nombre de types qui m'avaient séduite en me faisant boire et en me citant du Audiard. Si on ajoute ceux qui m'ont tartinée de Milan Kundera... Gérard et Jean-Claude n'avaient pas tort. Que ça me plaise ou non.
Le problème n'est donc pas là (il faut un problème, sinon à quoi bon que je vous cause). Le problème est : combien de types j'ai déjà séduit en les faisant boire et leur citant du Antoine Blondin ? Combien ? Prou.
(Le rapport ? Un singe en hiver :
)
A ma décharge, je n'en suis présentement qu'à mes toutes premières 25 pages de Blondin. Pourtant, ça fait un sacré paquet de temps que je voulais me pencher sur la question. Au moins depuis ça :
Mon film préféré de tout l'univers. Forcément, il devait y avoir un lien.
A fond :
"Soldat inconnu, connais pas... Comme si vous me parliez peau rouge. Et encore, les Peaux Rouges, ils ont le bon esprit, quand c'est fini, d'enterrer la hache de guerre. Nous, c'est le guerrier qu'on enterre, mais le matériel, on le conserve..."
"Je ne sais pas ce que la vie va faire de nous et j'ignore ce qu'elle est, mais je puis vous affirmer qu'elle nous dispersera sur des sentiers étroits. La solitude nous pèsera. Sachons faire des haltes. Laissons vivre. Nous retrouverons dans les buissons des déserteurs légers comme nous..."
"En fin de compte, (...), avec toutes vos cochonneries, vous ne trompez personne. Là, comme ailleurs, le vocabulaire ne suffit pas. Il faut aller dans le pays pour prendre l'accent."
"Tu es le roi des ballots.
- C'est à considérer.
- Je te parle en toute franchise.
- Mais j'espère bien. C'est merveilleux, dit Muguet, comme les gens qui vous traitent de couillons croient toujours vous faire plaisir en ajoutant qu'ils sont sincères."
"Eh ! Les copains, on pourrait sortir un petit peu ?
- Jamais, répondirent les autres, qui s'efforçaient d'entraîner la serveuse dans une série de tableaux vivants destinés à célébrer la prise de la Bastille, vue par en dessous."
"L'important, au seuil de la vie, déclara Benjamin, c'est de se mettre dans la peau de son rôle."
Extraits de l'Europe Buissonière, d'Antoine Blondin.
J'ai pas fini de vous allumer fictivement en vous en parlant.
A l'instar d'Antoine, la réécriture des Ventres Vides est en train de dériver sérieusement vers l'écriture d'un Mental en Marshmallow, titre provisoire de l'histoire de Manu Merde, je le dis pour vous rassurer fictivement : je ne fais pas que de la démarche pédagogique en champagne-ardenne. Allez Luya.
Le problème n'est donc pas là (il faut un problème, sinon à quoi bon que je vous cause). Le problème est : combien de types j'ai déjà séduit en les faisant boire et leur citant du Antoine Blondin ? Combien ? Prou.
(Le rapport ? Un singe en hiver :
)
A ma décharge, je n'en suis présentement qu'à mes toutes premières 25 pages de Blondin. Pourtant, ça fait un sacré paquet de temps que je voulais me pencher sur la question. Au moins depuis ça :
Mon film préféré de tout l'univers. Forcément, il devait y avoir un lien.
A fond :
"Soldat inconnu, connais pas... Comme si vous me parliez peau rouge. Et encore, les Peaux Rouges, ils ont le bon esprit, quand c'est fini, d'enterrer la hache de guerre. Nous, c'est le guerrier qu'on enterre, mais le matériel, on le conserve..."
"Je ne sais pas ce que la vie va faire de nous et j'ignore ce qu'elle est, mais je puis vous affirmer qu'elle nous dispersera sur des sentiers étroits. La solitude nous pèsera. Sachons faire des haltes. Laissons vivre. Nous retrouverons dans les buissons des déserteurs légers comme nous..."
"En fin de compte, (...), avec toutes vos cochonneries, vous ne trompez personne. Là, comme ailleurs, le vocabulaire ne suffit pas. Il faut aller dans le pays pour prendre l'accent."
"Tu es le roi des ballots.
- C'est à considérer.
- Je te parle en toute franchise.
- Mais j'espère bien. C'est merveilleux, dit Muguet, comme les gens qui vous traitent de couillons croient toujours vous faire plaisir en ajoutant qu'ils sont sincères."
"Eh ! Les copains, on pourrait sortir un petit peu ?
- Jamais, répondirent les autres, qui s'efforçaient d'entraîner la serveuse dans une série de tableaux vivants destinés à célébrer la prise de la Bastille, vue par en dessous."
"L'important, au seuil de la vie, déclara Benjamin, c'est de se mettre dans la peau de son rôle."
Extraits de l'Europe Buissonière, d'Antoine Blondin.
J'ai pas fini de vous allumer fictivement en vous en parlant.
A l'instar d'Antoine, la réécriture des Ventres Vides est en train de dériver sérieusement vers l'écriture d'un Mental en Marshmallow, titre provisoire de l'histoire de Manu Merde, je le dis pour vous rassurer fictivement : je ne fais pas que de la démarche pédagogique en champagne-ardenne. Allez Luya.
lundi 2 avril 2012
Notebook
"Telling the stories of various characters in relation to each other, how something started, how it developed, how it ended, novels are intimately involved with the way we make up ourselves. They reinforce a process we are engaged in every moment of the day, self creation. They sustain the idea of a self projected through time, a self eager to be a real something (even at the cost of great suffering) and not an illusion. " (Là où c'est qu'on t'explique qu'on n'a pas BESOIN d'histoires, que ça rend même un peu marteau mais que quand même c'est cool)
C'est vrai qu'au fond, je n'ai pas BESOIN d'écrire. J'en ai juste ENVIE.
C'est vrai qu'au fond, je n'ai pas BESOIN d'écrire. J'en ai juste ENVIE.
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